Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

12/01/2014

Mondial 2014: pas une Allemagne Löw-cost

52d157af3570105ef7ea2ae8.jpgDonnée gagnante à chaque tournoi, l'Allemagne doit cependant se contenter des accessits depuis près de vingt ans. Cette Coupe du monde sera-t-elle enfin la bonne pour une Mannschaft en mal de toit du monde depuis 1990.


En vue du mondial brésilien, DH.be vous présente les 32 nations qui seront du voyage. 32 nations parmi lesquelles 7 d'entre elles pourraient se dresser sur la route des Diables Rouges. Ce samedi, c'est la toujours redoutable Allemagne qui se profile.

Demi-finale à l'Euro 2012, troisième place à la Coupe du monde 2010, finale à l'Euro 2008, podium à "son" Mondial 2006, finale quatre ans plus tôt en Asie. Excepté un piteux Euro 2004, les Allemands n'ont jamais fait pire qu'une demi-finale lors des tournois de ce XXIe siècle. Doit-on en conclure que la Mannschaft est l'équipe la plus redoutable de ce nouveau millénaire ? Non, car il manque un couronnement à cette formidable régularité, un titre après lequel court le pays le plus peuplé d'Europe depuis 1996. Lors des quatre dernières grandes compétitions internationales, l'Allemagne a dû baisser pavillon face à ses rivaux latins que sont l'Italie et l'Espagne, deux nations trop heureuses d'en coller une bonne à un pays parfois pointé du doigt comme responsable de leurs déboires économiques.

En 2014, cela fera dix-huit longues années que les Teutons n'auront plus soulevé le moindre trophée, soit le plus grand laps de temps entre deux titres dans leur histoire. Forcément frustrant pour la "génération Löw", crainte aux quatre coins du globe, mais qui flippe à l'idée de devenir un squad de losersmagnifiques, à l'image du Portugal de Luis Figo et Manuel Rui Costa. Une étiquette qu'Özil, Schweinsteiger et consorts comptent bien décoller de leur front au cœur de l'hiver brésilien.

 

L'Equipe-type: une berline de caractère

Après sept ans et demi à la tête de la Mannschaft, Joachim Löw connaît son effectif sur le bout des doigts. Après l'avoir façonné durant six années, on s'attendait à voir le beau gosse amateur de pulls en cachemire amener sa formidable clique à un titre continental il y a deux ans. Las, Mario Balotelli en décidait autrement, en roulant des mécaniques au nez et à la barbe de ses adversaires. Deux ans après cette cruelle désillusion, les Allemands reviennent avec un groupe sensiblement le même... mais plus mûr.

Au goal, Manuel Neuer est indéboulonnable. A 27 ans, le gardien du Bayern est ce qui se fait de mieux en matière d'antivol footeux. La saison dernière, il a tout gagné en club. Ne lui manque qu'une consécration internationale. Idem pour son compère Jérôme Boateng. D'abord utilisé comme back droit, le joueur de 25 ans a progressivement coulissé au centre de la défense pour pallier la grave blessure d'Holger Badstuber. Cette fois, ce n'est pas l'ancien Standardman Dante qui l'accompagne, mais Per Mertesacker. En quelques mois, celui-ci a réussi à piquer la place de Thomas Vermaelen à Arsenal, tout en éliminant l'élégant Mats Hummels en sélection. A 29 ans, le Gunner ne brille pas par une aisance technique à toute épreuve, ni une vitesse supersonique à vous rendre jaloux Usain Bolt. Mais sa capacité de relance et son positionnement impeccable en font un véritable roc. Au poste latéral gauche, Marcel Schmelzer a fait son trou. A force de se retrousser les manches, le back du Borussia Dortmund s'est taillé une place de titulaire au sein du XI de base de Löw. Seul souci, les petits bobos qui l'ont accompagné durant la phase qualificative. Cuisse, mollet, le défenseur au serre-tête n'a plus joué depuis le 19 novembre dernier. A droite, Phlipp Lahm est le véritable patron de la défense. Intraitable, mais élégant, défenseur, toujours là pour apporter sa force de frappe en phase offensive, le Bavarois est au sommet de son art à 30 ans passés. Oui, 30 ans !

Un cran plus haut, Joachim Löw pensait naturellement aligner un duo Bastian Schweinsteiger - Sami Khedira. Mais la blessure de ce dernier a tout changé. Sorti le genou en miettes lors du match amical contre l'Italie, la participation du Merengue au Mondial est (très) fortement compromise. Un coup très dur pour le joueur et l'ensemble de son équipe. En effet, Khedira avait participé à huit des dix matches de qualifications, avec un très bon rendement pour un joueur pas toujours titulaire en club. Cette absence de plus de six mois profite bien à Toni Kroos. Utilisé cinq fois en qualifs, le médian du Bayern a impressionné, avec trois buts et trois assists. Habitué à jouer un cran plus haut, il retrouvera son équipierBastian Schweinsteiger à ses côtés. A 29 ans, le chouchou d'Angela Merkel est le fer de lance de l'équipe phare de la saison dernière. Préposé à la régulation du jeu teuton, Schweini n'a pas envie de mettre une nouvelle médaille en chocolat autour de de son cou de taureau.

Mesut Özil s'invite juste devant ce duo. Transféré à Arsenal, le médian exploite à merveille toutes ses qualités de l'autre côté de la Manche. Un nouveau championnat, une nouvelle culture, apprivoisés en quelques semaines par ce génie doté d'un fish-eye à la place des yeux. Dingue. Sur les flancs, Löw a choisi de sélectionner deux joueurs au style bien différent. A droite, apparaît Thomas Müller, 24 ans. Comme ça, le joueur n'impressionne guère. Maigre comme un lacet, on l'imagine aisément s'envoler au moindre souffle du "méchant" Pepe. Mais c'est mal connaître le Dr Müller. Toujours dans les bons coups, il accumule les buts et les caviars. Un vrai Guy next door, le type plein d'atouts mais qui ne semble même pas en être conscient. Meilleur passeur de son équipe, il est le joueur de champ le plus utilisé par le sélectionneur ces derniers mois. Il est aussi le complément idéal à Marco Reus. Le joueur possède une élégance balle au pied inversement proportionnelle à ses errements capillaires. Efficace, rapide, gros frappeur, le joueur de Dortmund fait l'unanimité à gauche, tant en club qu'en sélection. Et dire que Löw peut se permettre de laisser un mec comme André Schürrle sur le banc...

En pointe, Miroslav Klose a toujours les crocs. A 35 ans, le buteur de la Lazio possède toujours ce flair de renard et n'a pas souvent trouvé portes closes lors de ces éliminatoires. Blessé en fin d'année, l'attaquant espère mettre au moins un but dans les prochaines rencontres, histoire de s'octroyer définitivement le record du plus grand nombre de goals inscrits sous le maillot allemand. Qui aurait cru que Gerd "Der Bomber" Müller serait battu par le sympathique Miro ?

 

L'homme à suivre: Özil, le mazout allemand

Mesut Özil pourrait en avoir gros sur la patate. Ses trois ans de bons et loyaux service n'ont pas empêché le Real de le jeter au profit de ce jeune "freluquet" nommé Isco. Un camouflet pour ce meneur de jeu à l'ancienne, doté d'une vision panoramique et d'une qualité de passe qui permettrait à n'importe quel attaquant de provinciale d'empiler les buts "tout faits". Mais à vingt-cinq ans seulement, l'Allemand est loin d'être fini. Au contraire, Arsenal a réalisé le "coup" de l'été en recrutant le médian. Joachim Löw a également poussé un "ouf" de soulagement au moment de la signature de son n°10. En effet, Özil est le métronome du jeu allemand. Le voir moisir sur le banc madrilène aurait bien pu scléroser tout le dispositif teuton. Avec sept assists et quatre buts en club, le natif de Gelsenkirchen a démontré qu'il n'a pas perdu le rythme.

Et en qualifications, Özil a fait le boulot, et même plus ! Meilleur buteur de son équipe avec huit réalisations, il a en outre distribué cinq passes décisives, faisant de lui le deuxième meilleur passeur de son équipe. Outre ces stats séduisantes, c'est lui qui est chargé de donner un coup d'accélérateur aux mouvements allemands et d'alimenter Miroslav Klose. Il n'en ira pas autrement au Brésil. Gracieux comme un danseur étoile de l'Opéra Garnier, ce gars pense plus vite que les autres. La vivacité d'esprit, Joachim Löw la possède aussi. Il ne lui aura donc pas échappé que la pierre angulaire de son système ne pouvait être qu'un diamant comme Mesut Özil. Une pierre précieuse, donc.

Des adversaires "zlatanés" en qualifications

Neuf victoires, un match nul, 36 buts marqués, merci au revoir. Tel est le bilan de l'Allemagne lors des éliminatoires. Seuls les Pays-Bas, habituels bons élèves des qualifs, ont fait aussi bien. Meilleure attaque d'Europe, la Mannschaft a d'autant plus de mérite que son groupe n'était pas le plus simple à aborder. En effet, elle était versée dans la poule C avec la Suède de Zlatan Ibrahimovic, l'Autriche et l'Irlande, et seules les îles Féroé faisaient figure de "tout petit". Ce qui n'a pas empêché les Teutons de faire un quasi sans-faute. 

L'unique faux-pas germanique sur la route vers le Brésil a été ce duel face aux Suédois. Un match dantesque, qui s'était soldé par un 4 partout que le public berlinois n'oubliera pas de sitôt. Au retour, Schürrle corrigera le tir en sortant trois buts de son chapeau. On ne défie pas impunément la redoutable Allemagne... Pour le reste, RAS, si ce n'est ce 1-6 collé aux Irlandais, qui avaient apparemment oublié leur trèfle à quatre feuilles ce soir-là.

Retour en car dès les huitièmes pour les Diables ?

Les Allemands ne devraient faire qu'une bouchée des USA. Le Ghana, dont il faut cependant se méfier, ne devrait pas leur poser d'énormes soucis. Seul le Portugal fait figure d'épouvantail dans ce groupe G. Cristiano Ronaldo vs Philipp Lahm. Pepe vs Miroslav Klose. Ozil vs Moutinho... Des matches dans le match qui font saliver d'avance. Malgré cet opposant de choix, l'Allemagne devrait finir première de son groupe. Un échauffement que l'on espère pas trop aisé pour nos Diables rouges. En cas de qualification, la Belgique pourrait se retrouver au pied du mur allemand dès les huitièmes de finale. Betfirst classe les chevaliers teutoniques à la troisième place avec une cote de un contre 6.50. Suffisant pour nous mettre la misère ? Et si cette rencontre face à l’orgueilleuse Allemagne était le huitième défi des Diables ? 

Aurélie Herman

08:49 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Les équipes de la Coupe du monde, MONDIAL 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.