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10/01/2014

Mondial 2014: une Bosnie bon genre

52cea1a135701baedab49201.jpgPour sa première participation à un grand tournoi international, la Bosnie-Herzégovine pourrait tirer son épingle du jeu dans le groupe F. Retour sur les forces vives d'une équipe jeune, mais ambitieuse.


En vue du mondial brésilien, DH.be vous présente les 32 nations qui seront du voyage. 32 nations parmi lesquelles 7 d'entre elles pourraient se dresser sur la route des Diables Rouges. C'est au tour des équipes présentes dans le groupe F de passer au scanner, plus précisément celui de la Bosnie-Herzégovine. Analyse des forces en présence.

Le 15 juin 2014, la Bosnie entrera de plain pied dans le grand bal du foot mondial. Vingt ans auparavant, sa capitale Sarajevo était balafrée par les obus serbes, au cours d'un siège qui durera près de quatre longues années. Une éternité qui laissera un pays dévasté, coupé en deux par les accords de Dayton. Un pays meurtri par le massacre de Srebrenica, où 8000 musulmans ont été tués. Un pays traumatisé par le souvenir du camp d'Omarska, qui rappelle les heures les plus sombres de l'Histoire européenne. Un pays qui a du se reconstruire, tout en se définissant une nouvelle identité. A ce compte là, le football pèse bien peu de choses. Mais la liesse qui a accompagné la qualification bosnienne mi-octobre démontre bien l'importance du sport dans cette toute jeune république.

Affiliée à la FIFA dès 1996, la Bosnie a souvent vécu dans l'ombre de ses "grandes sœurs" balkaniques: la Croatie et la Serbie. Malgré la présence de joueurs tels que Sergej Barbarez et Hasan Salihamidzic, qui ont vécu l'essentiel de leur carrière en Allemagne, ce n'est qu'à l'aube des années 2010 que le pays s'incruste peu à peu parmi les futurs poils à gratter européens. Barragistes en 2010 et 2012, les Bosniens ont cette fois-ci obtenu leur précieux sésame pour le Brésil. A l'image du Montenegro, emmené par le duo Mirko Vucinic-Stevan Jovetic, les Dragons peuvent compter sur deux artificiers de choix: Vedad Ibisevic et Edin Dzeko. Mais le sélectionneur Safet Susic bénéficie en plus de nombreux talents, qui pourraient faire de son équipe l'une des belles surprises de ce Mondial.

L'Equipe-type: le diamant des Balkans

Véritable icône dans son pays, Safet Susic tient fermement les rênes de la sélection depuis 2009. Et l'ancien médian du PSG dispose d'un noyau riche, qui lui permet de faire évoluer son équipe dans un 4-4-2 en losange. Une formation idéale pour profiter de la force de frappe de Dzeko et Ibisevic.

Au goal, Asmir Begovic est incontournable. Avec 100% de temps de jeu, le portier de Stoke City est la première vertèbre de la colonne qui soutien tout l'effectif bosnien. A 26 ans, il peut compter sur le très solide Emir Spahic pour diriger la défense. Habitué aux avants virevoltants du championnat allemand, le défenseur du Bayer Leverkusen sait mettre le pied, en témoignent ses deux cartons jaune et son carton rouge déjà pris cette saison. Mais le capitaine de 33 ans n'a pas loupé une seul rencontre de qualifs et possède toutes les qualités requises chez un défenseur central malgré la réputation de "casseur" laissée en France et en Espagne notamment, après ses passages à Montpellier et Séville. A ses côtés, le jeuneErmin Bicakcic s'est progressivement imposé comme titulaire. Le défenseur évolue actuellement au modeste Eintracht Brunswick. Mais à 23 ans, il pourrait bien se révéler lors d'une Coupe du monde où tout est possible pur son pays. Le poste de back droit a longtemps été la propriété de Mensur Mujdza. Pourtant, le défenseur de Fribourg s'est fait piquer son siège par Avdija Vrsajevic , actif à l'Hadjuk Split. Titularisé lors de quatre des cinq dernières rencontres internationales, le joueur de 27 ans aura pour vis-à-vis Senad Lulic, à gauche.

Placé tantôt comme médian gauche, tantôt comme arrière-gauche, le Laziale est souvent utilisé avecSejad Salihovic , d'Hoffenheim, pour former un binôme de choc sur le flanc. Les deux joueurs peuvent permuter, comme ils l'ont fait à neuf reprises durant les douze derniers matches. C'est ce dernier qui a eu la prérogative au milieu lors des ultimes rencontres de qualifications. De son côté, Haris Medunjanin est chargé de bloquer les attaques adverses au poste de n°6. Peu habitué au plus haut niveau (le bougre évolue à Gaziantepspor, un club du ventre mou de la SüperLig turque), il représente pourtant un bon compromis entre le vieil Elvir Rahimic, 37 ans, et le jeune et tendre Adnan Zahirovic, 23 ans seulement.

A droite, impossible de se passer de Miralem Pjanic . En pleine bourre avec la Roma, le joueur a également pris la bonne vague en équipe nationale, avec quatre buts et quatre passes décisives en dix matches. Après avoir été essayé au centre du jeu, l'ancien Lyonnais de 22 ans a finalement été replacé sur le flanc, laissant ainsi à Zvjezdan Misimovic le soin d'alimenter ses deux avants. Sacré deux fois meilleur passeur de la Bundesliga , Misimovic a réussi sa mission, avec cinq assists au compteur. Buteur à quatre reprises, il est également le joueur le plus capé de la sélection. Parti s'exiler en Chine (pur le "projet sportif" ?) à 31 ans, le médian aura à cœur de prouver qu'il en a encore dans les pieds.

Ca tombe bien, il retrouvera Edin Dzeko , qu'il avait copieusement servi lors de cette folle saison 2008-2009, qui avait vu Wolfsburg s'imposer au nez et à la barbe du Bayern Munich. Supersub à Manchester City, l'attaquant fera équipe avec Vedad Ibisevic , autre artilleur de la compétition allemande. A 29 ans, le joueur fait quasi partie des meubles, mais plante toujours son quota de buts, tant avec Stuttgart que sous le maillot des Dragons . Avec huit goals en 10 rencontres, il se classe à la troisième place du classement des buteurs des qualifs européennes, à égalité avec Mesut Ozil, Zlatan Ibrahimovic et Cristiano Ronaldo. Pas mal pour un gars condamné à vivre dans l'ombre de Dzeko...

L'homme à suivre: Rio de Janeiro, futur jardin d'Edin ?

Talentueux, rapide, calme face au but, tranchant, Edin Dzeko doit pourtant se contenter d'une place de réserviste de luxe à Manchester City. Une ineptie ? Oui... mais non. Barré par Alvaro Negredo et surtout Kun Aguero, le Bosnien de 27 ans doit ronger son frein, une fois de plus, en Angleterre. Et si c'était ça, la clé de sa rage de vaincre en équipe nationale ? Sous le maillot aux Lys, Dzeko n'en finit plus de lézarder les défenses adverses. Avec sa frappe de mule et sa taille, le Citizen a encore fait fort lors de ces éliminatoires. Joueur de champ le plus utilisé avec Spahic, il n'a pas manqué la moindre minute de jeu. Un total qui lui a permis d'exprimer ses talents devant le but. Avec dix réalisations, il figure à la deuxième place du top des buteurs européens lors de cette campagne qualificative. Seul Robin Van Persie a fait mieux, avec onze buts. Pas une honte en soi.

Edin Dzeko n'est pas qu'un target-man égoïste ne voyant pas plus loin que le bout de ses crampons. Ses cinq passes dé' distillées sur le chemin du Brésil en attestent: Dzeko est un altruiste. Le natif de Sarajevo est à l'image de son équipe: prêt à tous les sacrifices, besogneux et talentueux. Avec ce dépucelage en Coupe du monde, le joueur compte bien montrer ce que la Bosnie a dans le ventre. Et aux dirigeants de City qu'ils pourraient bien regretter leur joueur, si celui-ci décidait de quitter les brumes anglaises pour la Lombardie. A la faveur d'un Mondial réussi, Dzeko pourrait être LE mec en vogue l'été prochain, celui qui fera flamber les bourses du Vieux continent.

La Grèce à une crête près

Huit victoires en dix rencontres n'ont pas suffi à la Bosnie-Herzégovine pour se mettre à l'abri avant l'ultime marche. Mais avec une moyenne de trois buts par match, les Dragons sont finalement parvenus à mettre le colosse grec à terre, grâce à un goal-average nettement à leur avantage.

Avec une victoire 1-8 au Liechtenstein avec un triplé pour Dzeko et Ibisevic, les Bosniens avaient donné ton. Mais surprise début septembre, la Slovaquie de Marek Hamsik a refroidi le bouillant public local. Une défaite concédée dans leur arène de Zenica que les Bosniens ont failli payer au prix fort. Piqués au vif, ils remettent les pendules à l'heure avec une victoire sur le terrain de la Repre. Ce succès et les quatre points pris aux Héllènes ont finalement permis à la Bosnie de ne pas se retrouver bredouille à la distribution des tickets pour Rio. Une apothéose vécue à Kaunas, par un groupe arrivé à maturité, pétri d'ambition, dont celle de devenir la nation phare du football balkanique.

Un rendez-vous avec sa propre histoire

L'Argentine est archi-favorite de ce groupe G. Ça tombe bien, l'Albiceleste sera le premier adversaire de la Bosnie. Affronter le squad sud-américain sera sans doute la meilleure façon de jauger le véritable niveau de cette équipe au plus haut niveau. Avec une cote de 151 contre 1 sur Betfirst, l'équipe aux Lys est loin devant le Nigéria et même carrément à une année lumière de l'Iran. En cas de qualification, la Bosnie pourrait retrouver la Suisse en huitièmes de finale, soit une équipe composée en partie de joueurs issus de l'immigration balkanique. Douce et émouvante ironie de l'histoire...

Aurélie Herman


17:44 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Les équipes de la Coupe du monde, MONDIAL 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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