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08/01/2014

Mondial 2014 : Honduras les murs

52cd0c8e35701baedab361a4.jpgPour sa 3ème participation à une Coupe du Monde, ce pays des Caraïbes visera sa première victoire, mais pensera surtout à défendre. On retrouvera aussi un ancien Anderlechtois qui n'a pas convaincu et un autre qui tente de percer.


En vue du mondial brésilien, DH.be vous présente les 32 nations qui seront du voyage. Dont 7 pourraient se dresser sur la route des Diables Rouges. Aujourd'hui, place au petit poucet du Groupe E, le Honduras.

La magie de la Coupe du Monde permet de découvrir des nations dont on ne parle quasiment jamais. Il faut bien reconnaître que le football en zone Concacaf n'a rien de très excitant. Hormis les Aztèques mexicains, qui passent régulièrement la phase de poules en Coupe du Monde, et les Américains, qui tentent tant bien que mal de développer le soccer outre-Atlantique, on vous voit mal vous passionner pour des rencontres entre le Panama et la Jamaïque ou le Costa Rica et le Honduras. Et bien justement, le Honduras, ce pays quatre fois plus grands que la Belgique mais qui possède moins d'habitants que ce plat pays qui est le notre, sera bien de la partie lors du prochain mondial.

Les Catrachos disputeront au Brésil leur 3ème phase finale de Coupe du Monde, la 2ème de suite. Lors de leurs précédentes participations, les Honduriens n'ont pas connu le goût de la victoire. Mais affronter le Honduras ne signifie pas pour autant s'offrir une balade de santé. La Bicolor prend un malin plaisir à faire déjouer ses adversaires grâce à une solide défense. En 82, le Honduras avait contraint l'Espagne, pays organisateur, au match nul (1-1) avant de décrocher un autre point contre l'Irlande du Nord (1-1). En 2010, la Suisse pensait avoir faire le plus dur en s'offrant le scalp de l'Espagne championne d'Europe d'entrée de tournoi. Mais les Helvètes s'étaient cassés les dents face à la bonne organisation du "petit" Honduras, pourtant déjà éliminé. Les Honduriens quittaient la compétition avec un point et des revers honorables face à l'Espagne (2-0) et au Chili (1-0).

2014 sera donc l'année des retrouvailles pour le Honduras et la Suisse. 41ème nation au classement FIFA, le Honduras ne semble pas avoir les armes pour revendiquer une qualification pour les huitièmes de finale mais il peut endosser son rôle préféré d’empêcheur de tourner en rond.

 

L'équipe-type

Sauf si vous suivez d'un œil attentif la LINAFUT, le championnat du Honduras (ce qui, vous l'avouerez, est fort peu probable) ou la MSL, la plupart des joueurs que le sélectionneur colombien Luis Suarez (aucun lien de parenté avec le phénomène uruguayen de Liverpool) emmènera au Brésil ne vous diront pas grand-chose. Néanmoins, la sélection hondurienne possède aussi ses "stars", qui évoluent en Grande-Bretagne. Suarez a réussi à composer une équipe équilibrée avec des cadres expérimentés, parfois vieillissants, et des joueurs ayant fait leurs gammes lors du tournoi olympique en 2012 et la Gold Cup en 2013.

Entre les perches, on retrouvera le doyen de l'équipe: Noël Valladares. Indéboulonnable depuis 14 ans, il compense sa petite taille (1m79) par son expérience. Il est le joueur hondurien encore en activité le plus capé et a disputé 14 des 16 matchs de qualifications. Par contre, il n'a jamais connu le haut niveau en club puisqu'il n'a jamais quitté la LINAFUT. L'expérience est aussi le point fort de la ligne arrière. L'ancien Anderlechtois Victor Bernardez (31 ans, champion de Belgique avec le Sporting en 2010), dont la copine aux formes généreuses à plus convaincu le public de Saint-Guidon que ses performances personnelles avec les mauves, forme avec Maynor Figueroa (30 ans) un solide axe central. Bernardez (San José, USA) est titulaire en MLS tout comme Figueroa qui enchaine les matchs en Premier League sous les couleurs de Hull City. Figueroa est d'ailleurs le joueur hondurien qui a la plus grande valeur marchande (3,5 millions d'euros) à l'heure d'écrire ces lignes.

Emilio Izaguirre (Celtic Glasgow) connait lui aussi le haut niveau. Dans son couloir gauche il a défié cette saison les éléments offensifs du Barça, du Milan AC et de l'Ajax en Champions League. En 2011, Izaguirre avait été élu meilleur joueur de la Premier League écossaise. Le poste d'arrière-droit semble lui moins figé. Après avoir débuté les qualifications avec le joueur des Glasgow Rangers Arnold Peralta à ce poste, Luis Suarez a fait confiance à Brayan Beckeles lors de la Gold Cup. Le joueur de l'Olimpia Tegucigalpa (LINAFUT) a ensuite donné satisfaction lors des matchs décisifs pour la qualification.

Le schéma tactique de Suarez est adaptable en fonction de l'adversaire. Le classique "4-4-2 à plat" a porté ses fruits en qualifications et Suarez devrait privilégier cette option lors du Mondial. Pour le Honduras, la meilleure défense sera...la défense. Dans cette organisation, on retrouve deux milieux défensifs qui pourraient éprouver quelques difficultés face à un entrejeu physique et de grande taille.Luis Garrido (Olimpia Tegucigalpa) et Wilson Palacios (Stoke City) ne mesurent respectivement que 1m70 et 1m78. 

Le milieu gauche Roger Espinoza est sans doute l'un des plus talentueux de l'équipe mais est en panne de temps de jeu à Wigan. A droite, s'il se prénomme BoniekGarcia n'a pas le talent de l'ancien joueur polonais de la Juventus. Mais au moins il joue régulièrement dans son club du Dynamo Houston (MLS). Il a d'ailleurs la confiance de son sélectionneur puisqu'il a disputé l'intégralité des matchs de qualifications. Dans ce milieu de terrain, le fougue du jeune Anderlechtois Andy Najar pourrait apporter un peu de fraîcheur et de percussion sur les flancs. Titulaire lors de la Gold Cup, il peut passer un cap en juin prochain. Il peut même dépanner au poste d'arrière-droit si nécessaire.

Pour faire trembler les filets adverses, le Honduras peut compter sur le duo Costly – Bengtson. Les attaquants de San Pedro Sula et de New England Revolution ont inscrit 64% des buts de la sélection lors des éliminatoires. Jerry Bengtson a planté 13 roses en 27 apparitions sous le maillot hondurien. Plus expérimenté, Carlo Costly avait dû déclarer forfait lors du mondial sud-africain. 

 

L'homme à suivre: Wilson Palacios

Passé de Wigan à Tottenham en janvier 2009 pour plus de 13 millions d'euros, Wilson Palacios est le plus gros transfert du foot hondurien. Étincelant avec les Latics, le milieu défensif a réalisé une belle saison avec les Spurs avant de connaitre une perte de vitesse. Transféré à Stoke City avant le début de la saison 2011/12, il n'a jamais gagné ses galons de titulaire. Pire, il a vécu une saison 12/13 cauchemardesque durant laquelle il n'a disputé que 4 petites rencontres. Fin 2013, il retrouve du temps de jeu chez les Potters mais pas assez pour espérer arriver en pleine possession de ses moyens au mondial brésilien. Un transfert lors de ce mercato est d'ailleurs d'actualité. Palacios pourrait prendre la direction de la Liga, où il suscite l'intérêt du Betis Séville.

En 2010, Palacios et son pied droit avaient joué dans leur intégralité les trois rencontres en Afrique du Sud. Pour l'anecdote, il est entré dans l'histoire de la Coupe du Monde. Avec ces frères Jerry et Johnny, ils ont été les trois premiers frères à représenter un pays lors d'un même Mondial. Si Jerry pourrait être de l'aventure après ses deux assits lors du dernier match amical contre l'Equateur, Johnny lui devrait voir le Brésil depuis sa télé. Il n'a plus été appelé en sélection depuis la Gold Cup. 

 

Qualifications: les USA et le Mexique ont mordu la poussière

Après le mondial sud-africain, le football hondurien s'est remis en question. Certains cadres ont fait place à une jeune génération talentueuse. Et la mayonnaise de Luis Suarez a pris puisque l'équipe a réédité sa performance de 2010, et sans devoir passer par les barrages !Le Honduras a commencé par une défaite face au Panama et un triste match nul 0-0 au Canada lors du 3ème tour préliminaire de la zone Concacaf. Mais grâce à deux victoires contre Cuba, l'équipe est revenue dans la course à la qualif. Un nul au Panama et une gifle infligée au Canada (8-1) ont ensuite permis aux Honduriens de valider leur ticket pour le dernier tour.

D'entrée, la "H" crée la sensation en battant les USA (2-1). L'équipe confirme ensuite en partageant contre le Mexique (2-2). Mais l'euphorie est de courte durée car la bande à Palacios rentre dans le rang après deux défaites de suite au Panama et au Costa Rica, des concurrents directs. La qualification va en grande partie se jouer au stade Azteca, en septembre 2013, où les Catrachos signent une victoire historique en terre mexicaine (1-2). Un nul contre le Panama et une victoire contre le Costa Rica envoient le Honduras au Brésil et le Mexique en barrages. Et ce avant-même la dernière journée. Le Honduras s'est forgé une solide réputation à domicile en terminant les qualifications invaincu à la maison.

 

Une victoire fera leur bonheur

Peu importe le tirage, le Honduras savait que sa tâche serait compliquée. En héritant de la Suisse, de la France et de l'Equateur, il aurait cependant pu tomber plus mal. La bicolor a l'expérience de 2010 dans les jambes mais il faudra compter sur des défaillances adverses pour décrocher une hypothétique qualification. En éliminant la Suisse en Afrique du Sud, le Honduras a créé un précédent qui pourrait trotter dans la tête des Helvètes si les événements ne tournent pas en leur faveur.

La France? Demandez donc au Sénégal et à l'Afrique du Sud si elle est imbattable. Sur papier, l'opposition avec l'Equateur est la plus équilibrée. Le match amical entre les deux nations en novembre dernier peut en attester puisque les deux pays ont partagé l'enjeu 2-2.

En toute logique, si Français et Suisses abordent le tournoi en pleine possession de leurs moyens, Equateur et Honduras devront se contenter des restes. Notre partenaire betFirst pense aussi que les Catrachos vont rapidement retrouver leur pénates puisque la cote d'une victoire finale du Honduras est de 1001 contre 1. Bref, il y a peut-être un coup à jouer... même si on ne vous le conseille pas.

Jacques Chelle 

22:55 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Les équipes de la Coupe du monde, MONDIAL 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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