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07/01/2014

Mondial 2014: Qui va écarter les Suisses?

52cbf00a35701baedab2d2d7.jpgDéfense d'acier, génération dorée et place surprenante dans le top 10 mondial. Non non, on ne parle pas de la Belgique. C'est au tour de la Suisse de passer par la case "présentation".


En vue du mondial brésilien, DH.be vous présente les 32 nations qui seront du voyage. Dont 7 pourraient se dresser sur la route des Diables rouges. Et aujourd'hui, c'est la Suisse qui y passe.

À l'aube de son dixième Mondial, la Suisse peut, à l'instar de la Belgique, avancer avec une génération dorée qui semble arrivée à maturité, comme en témoigne cette surprenante huitième place au classement FIFA, au beau milieu d'un gratin du football mondial auquel, selon certains, elle est encore loin de faire partie.

La Suisse et la Coupe du Monde, c'est une histoire récente faite de paradoxes. En 2010, la Nati crée la sensation d'entrée en venant à bout des favoris espagnols grâce à un but de Gelson Fernandes et un millier de parades improbables de Diego Benaglio. Une défaite contre le Chili et un improbable nul contre le Honduras plus tard, la Suisse ne passe pas les poules après avoir fait le plus difficile d'entrée. Quatre ans plus tôt, en Allemagne, les Suisses réussissent un autre "exploit": battus aux tirs au but par l'Ukraine en huitièmes de finale, les Helvètes quittent le tournoi sans que leur gardien Zuberbuhler n'ait concédé le moindre but. Du jamais vu, tout simplement.

Retour vers le présent, et vers 2014. En juin et en juillet, le coeur du pays a l'habitude de battre au rythme des exploits de Roger Federer et de Fabian Cancellara. Cet été, il faudra y ajouter Inler, Shaqiri, Lichtsteiner et toute leur bande, qui comptent bien montrer au Brésil et à la planète foot qu'ils ne sont pas proches des cimes du classement mondial par hasard. Un quart de finale semble envisageable. Et pourquoi pas rêver d'un dernier carré? Parce qu'on n'écartera pas les Suisses si facilement.

 

L'équipe-type

 

Depuis qu'il a pris les rênes de la Nati en 2008, Ottmar Hitzfeld a soufflé le chaud et le froid, entre son exploit sans lendemain au Mondial 2010 et un Euro 2012 loupé, la faute à des qualifications désastreuses et à un changement de génération pas encore digéré. Exit Alexander Frei et ses contemporains, place à une nouvelle ère qui fait la part belle aux jeunes talents issus de l'immigration, Xherdan Shaqiri en tête. Une nouvelle source qui permet à l'homme aux deux Ligues des Champions de bâtir une équipe solide derrière, et capable de mener des attaques fantasques à défaut d'être toujours précises, en témoigne la maladresse dont ont souvent fait preuve les pions offensifs de l'échiquier d'Ottmar au cours des qualifs. Le ticket pour le Brésil a cependant été acquis sans réelle difficulté, et Hitzfeld est prêt pour son dernier défi à la tête de la Nati, avant de céder sa place à Vladi Petkovic après le Mondial.

Derrière, c'est du solide, donc. À commencer par le dernier rempart, Diego Benaglio, trente ans et valeur sûre de la Bundesliga qu'il émerveille de ses exploits récurrents entre les perches de Wolfsburg. Devant lui, le portier helvète peut compter sur une charnière musculeuse où Steve von Bergen (Young Boys) etJohan Djourou (Arsenal) font la loi depuis bientôt quatre ans, avec une complémentarité qui s'aiguise à chaque nouvelle titularisation de concert. Sur leur gauche, le jeune Ricardo Rodriguez est l'un des représentants de la génération dorée suisse, celle qui a brandi la Coupe du Monde des moins de 17 ans en 2009. Cinq ans plus tard, le latéral gauche de Wolfsburg est devenu une valeur sûre du onze d'Hitzfeld, dans une arrière-garde complétée par le discret mais redoutable Stephan Lichtsteiner, remarquablement régulier à la Juventus au point de devenir un incontournable de la terrible équipe d'Antonio Conte.

L'entrejeu défensif fait la part belle au Calcio. Rigueur, là encore, avec l'intransigeant Valon Behrami, maillon important du Napoli de Rafa Benitez. Le blondinet n'est pas en terrain inconnu avec la Nati, puisqu'il prend place aux côtés du moteur de l'équipe helvète, Gokhan Inler, qui occupe le même rôle au pied du Vésuve. Et si l'un des deux marathoniens vient à faire défaut, c'est Dzemaili, un autre napolitain, qui supplée en salle des machines, là où l'on va au charbon pour permettre à l'échelon supérieur de mettre le feu.

L'échelon supérieur, c'est un trio quasi immuable. À gauche, le Bâlois Valentin Stocker multiplie les (bons) centres pendant que de l'autre côté du pré, Xherdan Shaqiri fait parler ses cuisses surdimensionnées à coups d'accélérateur et de frappes surpuissantes à défaut d'être toujours précises. Et entre les deux, c'est Granit Xhaka, autre fleuron de cette fameuse génération helvète et pensionnaire de Gladbach, qui assure les transitions: joueur complet et intelligent, il récolte souvent les éloges de son entraineur, tombé amoureux d'un joueur qui "respire la classe".

Au sommet du dispositif d'Hitzfeld, Eren Derdiyok a perdu son poste de numéro 9 depuis plusieurs mois, doublé par le plus jeune Haris Seferovic. Prêté plusieurs saisons de suite par la Fiorentina dans toute la Botte, l'attaquant de pointe a fini par décrocher un transfert à la Real Sociedad pour découvrir la Ligue des Champions. Pas de quoi résoudre les problèmes d'efficacité offensive de la Suisse, puisque le "buteur" n'a planté que trois fois depuis son arrivée au Pays Basque, pour un seul petit but en neuf sélections sous la vareuse nationale.

 

L'homme à suivre: Gokhan Inler

 

Il n'est pas de cette fameuse génération lauréate du Mondial des moins de 17 ans. Et pourtant, plus que Shaqiri, il est sans doute le joueur qui incarne le mieux cette Suisse partie à la conquête des sommets du ballon rond. Débarqué au Napoli avec un masque de lion sur le visage à l'été 2011, le Suisse d'origine turque s'est immédiatement imposé dans l'entrejeu des Partenopei, entre ballons grattés dans les pieds adverses, courses aux quatre coins du terrain et frappes puissantes.

La trentaine presque accomplie, Gokhan porte l'entrejeu de la Nati sur ses épaules, et répond toujours présent avec la sélection. Buteur à deux reprises lors de qualifications où il n'a pas loupé la moindre seconde de jeu, Inler est l'indéboulonnable capitaine d'une formation dont il est à la fois l'un des poumons et le cerveau. Un rôle de couteau... suisse qu'il remplit à merveille, alternant longues courses et longues transversales avec la régularité du métronome qu'il est devenu au cours des saisons passées dans le Calcio. Entre une défense rigoureuse et une attaque fantasque, Gokhan Inler est l'indispensable lien qui permet au onze helvète de jouer dans la cour des grands.

 

Une qualif' aussi facile que le groupe

 

Marc Wilmots nous dirait qu'il n'y a pas de tirage facile mais franchement, se retrouver en lice pour le Mondial avec l'Islande, la Slovénie, la Norvège, l'Albanie et Chypre, on peut appeler ça un groupe très favorable. C'est donc sans surprise que la Suisse s'est qualifiée pour sa troisième Coupe du Monde de rang en disposant d'adversaires largement à sa portée sans perdre la moindre rencontre, et ce malgré un total un peu maigrichon de 17 buts marqués en dix joutes. La victoire inaugurale en terres slovènes, face à un challenger de choix, laissait déjà augurer un parcours sans encombre. Les Helvètes ont enchainé face à l'Albanie, et ont bouclé 2012 avec un dix sur douze après un nul face aux Norvégiens et une victoire en Islande. Deux matches difficiles face à Chypre (0-0 puis 1-0 à la 90e) plus tard, la Nati profitait d'adversaires qui se neutralisaient pour prendre son envol.

Rejointe à quatre partout par l'Islande après avoir mené 4-1 dans un match complètement fou à Berne, la Suisse a tranquillement terminé avec trois victoires acquises en Norvège, en Albanie et contre la Slovénie pour clore la qualif' avec 24 points sur 30, et sept points d'avance sur son dauphin islandais. Finalement, la seule surprise est sans doute le titre officieux de meilleur buteur du groupe attribué à Fabian Schär, remplaçant et... arrière central de son état. Le Balois a inscrit trois buts, soit autant que Birkir Bjarnason, éphémère islandais volant du Standard, et un de plus que ses équipiers Gavranovic, Inler, Lichtsteiner, Shaqiri et Xhaka. La preuve que chez les Helvètes, le danger peut venir de partout. Sauf de l'attaquant de pointe, diront les mauvaises langues.

 

La surprise du chef?

 

Malgré leur excellente position dans ce classement FIFA parfois très obscur, les Suisses n'ont pas vraiment les faveurs des agences de pari. Nos confrères de BetFirst vous offriront ainsi 101 euros pour un seul misé sur les chances de la bande à Ottmar de soulever le trophée le 13 juillet prochain. Une victoire finale pas franchement plus utopique que celle des Diables, au vu des nombreuses similitudes entre les deux nations: génération émergente avec de nombreux joueurs issus de l'immigration, qualification sans avoir connu la défaite dans un groupe sans véritable ténor, équipe qui ne marque pas beaucoup mais encaisse très peu et tirage au sort "abordable" pour les poules du Mondial brésilien.

Car en tirant une France qui lui réussit souvent bien (enfin, ça finit souvent 0-0), un Équateur à surveiller mais pas franchement supérieur aux Helvètes et un Honduras qui a tout de l'oiseau pour le chat et qui ne devrait plus piéger les Suisses après leur douloureuse expérience sud-africaine, la Nati a toutes les chances de voir les huitièmes. Un stade où, en cas de première place dans ce groupe E, ils retrouveraient sans doute le Nigéria ou la Bosnie, soit à nouveau des adversaires à leur portée. Et comme le veut l'adage, à partir des quarts, tout est possible. Surtout quand on est un pays capable de se faire éliminer d'une Coupe du Monde sans encaisser.

Guillaume Gautier

 

17:36 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Les équipes de la Coupe du monde, MONDIAL 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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