Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

06/01/2014

Mondial 2014: Pas de tiki-taka pour les "Ticos"

52c415653570105ef7e1c66e.jpgAvec son onze bâti pour les contres supersoniques, le Costa Rica est taillé pour affronter des équipes qui lui sont supérieures. Et ça tombe bien, parce que le tirage l'a plutôt gâté.


En vue du mondial brésilien, DH.be vous présente les 32 nations qui seront du voyage. 32 nations parmi lesquelles 7 d'entre elles pourraient se dresser sur la route des Diables Rouges. Aujourd'hui, c'est au tour du Costa Rica.

Quand nos belges oreilles entendent parler de ce petit pays d'Amérique centrale, enclavé entre le Panama et le Nicaragua, les images qui nous viennent à l'esprit sont les slaloms chaloupés de Bryan Ruiz, voire les nettoyages de toiles d'araignée sur coup franc signés Randall Azofeifa. Et c'est évidemment un portrait trop imparfait de ce pays plus grand que la Belgique, mais presque trois fois moins peuplé, surtout célèbre pour avoir été le premier État du monde à supprimer constitutionnellement son armée.

Sous la présidence de la charmante Laura Chinchilla (qui n'est pas mariée à Patrick Hamster ou à Jean-Philippe Cochon d'Inde, on sait que vous avez pensé à cette blague), les Costariciens - et non Costaricains - vivent surtout du tourisme et de l'agriculture pour récolter des colon, la monnaie locale, qui rappelle furieusement un certain Christophe, découvreur de cette langue de terre de la moitié sud de l'Amérique centrale en 1502.

C'est seulement 488 ans plus tard que San José, la capitale, a pu s'enflammer une première fois pour ses Ticos , qualifiés pour le premier Mondial de leur histoire grâce à la suspension d'un Mexique qui avait triché sur l'âge de ses joueurs lors d'une autre compétition. Un baptême du feu conclu en huitièmes de finale, suivi de douze années de disette avant deux qualifications successives en 2002 et 2006. Privés de la passe de trois par l'Uruguay en 2010, les Costariciens sont de retour sur le devant de la scène pour un quatrième Mondial qui s'annonce riche en affiches dans le "Groupe des champions du Monde".

L'équipe-type: Fini le tiki-taka

 

Le cours d'histoire-géo, c'est fait, on passe au tableau noir, pour voir ce que les Ticos ont dans le ventre. Longtemps, le Costa Rica a été une nation centraméricaine comme les autres, avec des passes redoublées, une possession de balle au-dessus de la moyenne et des joueurs fantasques dans toutes les lignes. Un style qui a pris fin avec le retour de Jorge Luis Pinto à la tête de la sélection, après une première pige en 2004-2005. L’entraîneur colombien s'est fait les dents dans des clubs de son pays, mais aussi d'Équateur ou du Venezuela, avant de revenir à la tête des Ticos en 2011.

Toujours fantasque contre des adversaires à sa portée, le Costa Rica sauce Pinto fait le gros dos pour affronter les grosses pointures de la CONCACAF. Même dans leur forteresse de San José, c'est avec un 5-4-1 en béton armé que les Ticos se font le Mexique ou les States. Et vu l'opposition que leur proposera leur séjour brésilien, ce schéma risque bien de se reproduire en juin prochain.

Protégé par sa ligne arrière de cinq joueurs, Keylor Navas est le dernier rempart de la place forte costaricienne. Portier d'une équipe de Levante qui affiche la possession de balle moyenne la plus faible d'Europe, le gardien de 27 ans a l'habitude d'être sans cesse sur le qui-vive. Devant lui, Navas peut compter sur trois arrières centraux pas vraiment taillés dans le granit, puisqu'aucun n'atteint le mètre nonante. Les expérimentés Johnny Acosta et Michaël Umaña , trentenaires aux noms de catcheurs rompus aux joutes du championnat national, peuvent tout de même compter sur le robuste Geancarlo Gonzalez , titulaire incontournable au Valerenga Oslo, pour gérer le trafic aérien.

Le Costaricien est visiblement tendance au pays de John Carew, puisque Cristian Gamboa , latéral droit de la selección , fait figure d'incontournable dans la défense de Rosenborg. De l'autre côté de la ligne arrière, c'est Bryan Oviedo, l'une des révélations de l'excellent début de saison d'Everton, qui multiplie les allers-retours le long de la ligne de touche. Devant la défense, les clés de la maison costaricienne sont données à un jeune duo d'ici et d'ailleurs. Il y a d'abord le défensif Yeltsin Tejada , 21 ans sur le passeport et titulaire au Deportivo Saprissa, sept fois champion national depuis le changement de millénaire. Il y a ensuite Celso Borges, ancien du Deportivo national, dont les origines brésiliennes et le sens du but font à présent des ravages à l'AIK Solna, dans la capitale suédoise.

Mais les éclairs offensifs nationaux ne reposent pas uniquement sur les épaules du duo. Ce sont les flancs qui amènent souvent le danger, affolant la défense adverse dans des contre-attaques rapides emmenées balle au pied par l'inévitable Bryan Ruiz, véritable icône d'une nation qui le surnomme laComadreja pour sa façon bien à lui de se faufiler dans des trous de souris. Oui, Bryan est une belette.

Sur l'autre flanc, c'est encore du grand nord que vient le danger. Car c'est au FC Copenhague que sévitChristian Bolaños, 53 sélections sans encore avoir atteint la trentaine, mais seulement deux buts pour le compte des Ticos. Heureusement, pour alimenter le marquoir, Pinto peut compter sur les deux hommes qui se relaient à la pointe de sa muraille. Souvent, c'est le virevoltant Joël Campbell, prêté à l'Olympiacos par Arsenal, qui démarre les rencontres. On l'a notamment vu à l'oeuvre contre Anderlecht en Ligue des Champions, faisant admirer ses dribbles aussi nonchalants qu'efficaces. Le gaucher de 21 ans laisse ensuite sa place à Álvaro Saborío, buteur du Real Salt Lake et meilleur artificier d'une sélection qui mise beaucoup sur son sens du but pour planter une banderille au fond des filets sur chaque contre-attaque. Et le bougre s'en tire plutôt bien, puisqu'il se rapproche lentement mais sûrement du total en sélection du mythique Paulo Wanchope.

 

L'homme à suivre: Bryan Oviedo

 

Comme une bonne partie de ses coéquipiers chez les Ticos , Bryan Oviedo a fait ses classes au Deportivo Saprissa, avant de faire un double grand saut vers l'Europe et la sélection en 2010, à vingt ans à peine, grâce à une première pige internationale face à l'Argentine et un départ pour Copenhague en plein hiver. Les douze premiers mois de Bryan au Danemark sont plutôt difficiles. Le Costaricien doit se contenter de trois montées au jeu en fin de saison, et de deux petites minutes au compteur sur le premier tour de l'exercice suivant. Oviedo part alors en prêt à Nordsjaelland, où il devient très vite un incontournable du onze de base. De quoi garantir à ce format de poche au nom qui sonne plus "Hollywood" que "Copenhague" de faire son retour dans la capitale, où il finit par s'imposer à l'aube de son troisième hiver européen.

Ses excellentes prestations l'amènent à Liverpool, sous la vareuse bleue des Toffees qu'il enfile contre près de cinq millions d'euros. Comme au Danemark, les débuts sont en demi-teinte, puis l'arrivée de Roberto Martinez à Goodison Park libère définitivement un joueur qui laisse derrière lui son passé de médian pour semer la terreur sur son couloir depuis l'arrière. Une reconversion réussie, pour un poste qu'il occupe également en sélection, pour le plus grand malheur des flancs droits d'Amérique centrale, enrhumés à plus d'une reprise par ses accélérations et ses dribbles, de plus en plus souvent décisifs sur les pelouses de Premier League. Après tout, l'unique buteur de la victoire des Toffees à Old Trafford, c'était lui. Pas sûr que les fans de la rive bleue de la Mersey l'aimeront autant s'il récidive face aux Three Lions en juin prochain.

De la forteresse de San José aux plages de Copacabana

 

La route du Brésil a été longue pour les Ticos , qui ont dû disputer seize rencontres de qualifications. Après avoir planté un 7-0 à de malheureux Guyanais pour commencer en beauté, les hommes de Pinto ont eu plus de mal que prévu pour s'extirper de cette pré-phase de qualifs dans un groupe qui comportait aussi le Mexique et le Salvador. Bon, ils ont quand même fait un solide 10 sur 18, mais s'incliner deux fois face aux Mexicains et faire un nul à domicile contre Salvador, c'est pas terrible.

Reste que la place des Ticos dans le fameux Hexagonal était acquise. Dans ce tournoi qui regroupe les six meilleures nations de la CONCACAF, les trois premiers compostent leur billet pour le Mondial, tandis que le quatrième doit passer par la case barrages. Le Costa Rica l'a bouclé à la deuxième place, avec 18 points sur 30, surtout acquis dans un stade de San José qui a pris la place de l'Azteca dans le rôle d'enfer centraméricain: dix buts marqués, seulement deux encaissés, la recette d'un quinze sur quinze qui mène droit au Brésil.

Temps fort de cette phase qualificative, la double confrontation face aux Américains a été épique. Après un nul inaugural à Panama, les Ticos se sont inclinés dans des conditions polaires face aux States de Jurgen Klinsmann. Six mois plus tard, c'est le couteau entre les dents qu'ils ont reçu leurs bourreaux à San José. Acosta, puis Borges avaient déjà tué le match après dix minutes, et Campbell a répondu au but de Dempsey pour affirmer haut et fort que malgré le classement de l'Hexagonal, les maitres de la zone étaient bien les Ticos.

 

Un point, c'est bien?

 

Malgré cette retentissante victoire face au gros bonnet d'Amérique du Nord, les Costariciens ne reçoivent pas vraiment les faveurs des bookmakers . Selon nos confrères de BetFirst, ils n'ont guère plus de chances de soulever le trophée que des équipes comme l'Iran, le Honduras ou l'Algérie. Avec une cote de 1001 contre 1, ils sont même dix fois plus sous-estimés que l'Equateur. La faute au tirage au sort, sans doute. 

La tâche s'annonce en effet ardue pour les Ticos, puisque le sort les a versés dans un groupe redoutable où Uruguay, Italie et Angleterre lutteront pour les deux places en huitièmes, et ne comptent pas perdre de "bêtes" points en route face aux compères de Bryan Ruiz. Il faudra toutefois se méfier de la bande de Jorge Luis Pinto, qui a prouvé depuis 2011 qu'elle n'était jamais aussi redoutable que face à des équipes favorites sur le papier. Ceci dit, éviter le zéro pointé serait déjà un petit exploit pour le Costa Rica.

Guillaume GAUTIER

16:00 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Les équipes de la Coupe du monde, MONDIAL 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.