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06/01/2014

Mondial 2014: la Squadrature du cercle

52cad91435701baedab2249c.jpgAprès avoir atteint la finale de l'Euro, l'Italie veut poursuivre sur sa lancée au Brésil. Et produire du jeu ! Car le temps du Catenaccio est désormais révolu au sein de la Nazionale. Une évolution qui lui permettra peut-être d'égaler le pays organisateur au niveau du nombre d'étoiles cousues sur le maillot. Mais le chemin s'annonce long et semé d'embûches. Déjà avec ce groupe à 7 Coupes du monde où les Azzurri se frotteront à l'Uruguay, à l'Angleterre et au Costa Rica.


En vue du mondial brésilien, DH.be vous présente les 32 nations qui seront du voyage. 32 nations parmi lesquelles 7 d'entre elles pourraient se dresser sur la route des Diables Rouges. Aujourd'hui, place à la Squadra Azzurra, quadruple vainqueur de l'épreuve.

 

24 juin 2010, Ellis Park, Johannesbourg. L’Italie, tenante du titre, est éliminée sans gloire au premier tour de la Coupe du monde après une défaite inattendue contre la modeste Slovaquie. La fin de la génération dorée de Berlin qui a permis de coudre une quatrième étoile sur la tunique azzurra. Dans un pays où le football est une religion, la déception est immense. Les tifosi désavouent leurs favoris qu’ils considèrent comme des enfants gâtés. Le chantier qui attend le prochain sélectionneur est gigantesque. D’autant plus que lecalcio est gangréné par les scandales de corruption et de matches truqués. Mais la Fédération trouve l’homme providentiel : Cesare Prandelli. L’homme est élégant, mais a le regard triste. Deux drames personnels l’ont en effet marqué. La disparition de son père lorsqu’il avait 17 ans et celle de son épouse, emportée par un cancer en 2007. Comme footballeur, il a aussi connu la catastrophe du Heysel en 1985. C'est sans doute en partie pour ça que ce Lombard de naissance a un certain détachement par rapport au milieu du foot. 

Lors de sa prise de pouvoir, Prandelli avait déclaré que "les résultats ne sont pas une priorité." Une véritable claque dans un pays où la culture de la victoire par tous les moyens a toujours été exacerbée. Le nouveau technicien n'a pas le Catenaccio pour modèle, mais le football total de l'Ajax des années 70 et le tiki-taka estampillé Barça. Un projet de jeu séduisant ne suffira toutefois pas à réconcilier laNazionale avec son public. Prandelli le sait. "Il faut d'abord rapprocher l'équipe des gens. Le football est trop loin du réel", affirme-t-il. L'ancien coach de la Fiorentina pose alors quelques actes symboliques comme la mise en place d'un code de conduite strict ou l'invitation faite à ses joueurs de reverser leurs primes de l'Euro 2012 aux victimes des tremblements de terre qui avaient frappé l'Emilie quelques semaines auparavant.

Au niveau des résultats, personne n’attendait que la Squadra Azzurra brille lors des derniers championnats d’Europe. Elle en a atteint la finale grâce à un Pirlo au sommet de son art et un Balotelli déchaîné. Après une Coupe des Confédérations terminée à la 3e place après avoir bousculé l'Espagne en 1/2, l’Italie espère bien poursuivre sur sa lancée en juin prochain.

Une Équipe type ? Plutôt une colonne vertébrale

Si certains sélectionneurs n’ont pas beaucoup d’options possibles quant au système à appliquer pour leur équipe, celui de l’Italie a le choix entre 4 dispositions. En 2013, toutes compétitions confondues, Prandelli a ainsi évolué 7 fois dans un 4-3-3 avec ailiers, 5 fois en 4-3-1-2 et dans un 4-3-2-1 avec deux milieux offensifs, et une fois en 3-4-2-1, contre l’Espagne en Coupe des Confédérations. Le sélectionneur transalpin utilise aussi beaucoup de joueurs : 37 pour les amicaux en 2013, 21 pour la Coupe des Confédérations et 33 pour les 5 matches comptant pour les éliminatoires du Mondial. Des chiffres qui ne tiennent pas compte d’un dernier invité possible en Amérique du Sud, Francesco Totti. L’icône de la Roma, âgée de 37 ans, a retrouvé toute sa splendeur sous l'égide de Rudi Garcia. Du coup, le débat fait rage dans la "botte". Totti doit-il être du voyage alors qu’il n’a plus porté les couleurs azzurri depuis le sacre mondial de 2006 ? Buffon et Balotelli, qui ne portent pas spécialement le Capitano dans son coeur, ne seraient pas contre. Même Scolari a déclaré que si Totti était Brésilien, il le sélectionnerait. Et quand on sait que l'Italie n'a toujours pas pardonné à Trapattoni de ne pas avoir emmené Robbie Baggio au Mondial 2002, le choix s'annonce cornélien. Autant dire que le nombre de déçus lors de l’annonce des 23 élus risque d’être important.

Malgré un relatif flou tactique concernant son onze de base, Cesare Prandelli sait dans quelle direction il va. Il s’appuie sur une ossature de 5 joueurs indéboulonnables quand ils sont opérationnels. Les autres postes sont attribués en fonction de la forme et de l’apport du joueur dans le schéma tactique utilisé. L'inoxydable Gianluigi Buffon sera une nouvelle fois le gardien du temple. S’il n’est plus aussi fringant qu’il y a quelques années, Gigi fait toujours partie des cinq meilleurs du monde à son poste et se transcende toujours lorsqu'il entonne l'hymne de Mameli. Capitaine émérite de la Squadra, il voudra surtout s’offrir une sortie de prestige sur la scène internationale avant de céder le flambeau à Sirigu ou Marchetti. En défense centrale, Prandelli compte sur Giorgio Chiellini pour diriger son arrière garde. Impérial dans les airs, il est le leader d’une arrière-garde au sein de laquelle il peut éventuellement évoluer sur le côté gauche. Au milieu, Andrea Pirlo orchestrera le jeu des siens avec son élégance naturelle. Il sera épaulé dans sa tâche par un autre barbu, Daniele De Rossi. Le polyvalent joueur de la Roma apportera sa hargne dans les duels et se chargera de la relance quand l’Architecte sera serré de trop près. En pointe, Prandelli n'envisage pas de se passer de Mario Balotelli. Fantasque et capricieux, il connaît actuellement une énième passe difficile. Mais le sélectionneur a quasiment toujours su tirer le meilleur de son Fuoriclasse. A ces cinq incontournables, on pourrait ajouter Riccardo Montolivo. Prandelli a fait grandir le sosie de Gad Elmaleh à la Fiorentina et sait exploiter au mieux sa polyvalence.



La concurrence sera donc féroce pour les autres postes. A l’arrière droit, Christian Maggio et Ignazio Abate se relaient. Aux côtés de Chiellini, on devrait normalement retrouver son coéquipier de club Leonardo Bonucci qui part avec un peu d’avance sur Barzagli, un autre bianconero. Astori (Cagliari), Ranocchia (Inter) ou Ogbonna (Juventus) ne devraient pas être du voyage si le sélectionneur décidait de prendre un milieu supplémentaire en sachant que De Rossi peut dépanner un cran plus bas. Sur le côté gauche, c’est le flou. Le jeune Mattia De Sciglio a séduit lors de la Coupe des Confédérations, mais est actuellement à l’infirmerie. Domenico Criscito aurait pu être titulaire à ce poste lors du dernier Euro s’il n’avait finalement pas du rester à la maison en raison de son implication présumée dans leCalcioscommesse (il a été blanchi depuis). Manuel Pasqual, le capitaine de la Fiorentina, pète actuellement des flammes. Mais un homme pourrait mettre tout le monde d’accord, Federico Balzaretti. Le latéral de la Roma retrouve son meilleur niveau grâce à Rudi Garcia et peut évoluer à droite si nécessaire. Et s'il manque d'un milieu gauche, il peut aussi faire l'affaire.

Aux côtés de Pirlo et De Rossi, le sélectionneur transalpin devrait opter pour les capacités d'infiltreur de Claudio Marchisio. Le joueur de la Juve peut même jouer en qualité de deuxième médian offensif dans un 4-3-2-1. Et s'il faut épauler un peu plus Pirlo et moins jouer dans l’intervalle, Prandelli peut aussi compter sur Thiago Motta. Devant ce trio, tout dépendra de l'animation. Deux ailiers/une pointe, deux médians offensifs/une pointe ou un seul milieu offensif et deux avants. La dernière option pourrait être choisie si l'on se fie aux derniers schémas utilisés. La raison ? Guiseppe Rossi. Privé de ballon pendant 18 mois après 2 opérations aux ligaments du genou droit, Pepito est de retour avec 14 buts en Serie Aqui permettent à la Fiorentina d'occuper la quatrième place. L'Italie a retenu son souffle quand il est sorti blessé au même genou dimanche contre Livourne. Heureusement, il ne s'en sortirait qu'avec une entorse. Quelques fois comparé à Baggio, Rossi s'illustre par sa créativité et son sens du but et pourrait faire mal aux côtés de Balotelli. Et même évoluer seul en pointe si nécessaire, en fonction de la forme de Super MarioAvec des Candreva, Insigne, Giaccherini, voire Marchisio en soutien, c'est loin d'être une solution utopique.



L’homme à suivre : Pour le meilleur et pour le Pirlo

Lors de l’Euro 2012, certains ont semblé découvrir le talent d’Andrea Pirlo. Pourtant, six années auparavant, celui qu’on surnomme la Fée Clochette était déjà l’Architecte de cette Squadra, championne du monde pour la quatrième fois de son histoire. Ces nouveaux admirateurs du barbu le plus élégant d’Italie ont sans doute cru qu’il était sur le déclin depuis quelques saisons. Un peu comme les dirigeants de l’AC Milan qui n’ont pas reconduit le contrat de leur regista après une saison minée par les blessures. Du côté de Turin, on se réjouit toujours du manque de clairvoyance du rival lombard. Pirlo y a retrouvé toutes ses sensations et a permis à la Juventus de refaire main basse sur le Scudetto ces deux dernières années.



Cette saison, le bel Andrea n’est plus aussi performant. Ses adversaires ont compris qu’il fallait le harceler pour l’empêcher de briller. Néanmoins, un joueur de son talent est toujours capable d’illuminer une rencontre d’un caviar des 30 mètres ou d’un coup franc somptueux. Bien qu’il ait tout remporté en club comme en équipe nationale, à l’exception du championnat d’Europe, Pirlo rêve de tirer sa révérence sur la scène internationale en cousant une cinquième étoile sur la tunique azzurra. Pour l’esthétique, comme toujours.

Les qualif’s ? Une petite crise d’Arménie qui pourrait coûter cher

Versée dans le groupe de la Bulgarie, du Danemark et de la République Tchèque, la Nazionale n'a pas mis beaucoup de temps avant de prendre les devants. Accrochée à Sofia (2-2), malgré un doublé d’Osvaldo, elle enchainait ensuite avec quatre victoires de rang contre Malte (deux fois), l’Arménie (à Erevan) et contre le Danemark (à domicile). Le déplacement en République Tchèque voyait Balotelli s’illustrer négativement et regagner prématurément les vestiaires, non sans avoir laissé son empreinte dans le stade. Les Azzurri ramenaient cependant un point précieux de Prague. D’autant plus que les deux rencontres suivantes avaient lieu au pays contre la Bulgarie et cette même Tchéquie. Au final, deux victoires et un billet pour le Brésil composté juste après les Pays-Bas.

Rassurée, l’Italie relâchait un peu l’étreinte au Danemark (2-2) avant d’être accrochée sur ses terres contre la modeste Arménie. Le genre de résultat qui fait mauvais genre et qui l'a surtout privée du statut de tête de série au Mondial. La sanction est immédiate puisque l'Italie a été victime d’un tirage défavorable, se retrouvant dans un groupe relevé en compagnie de deux autres anciens vainqueurs : l’Uruguay et l’Angleterre. Petit relâchement, grandes conséquences. Mais le défi proposé n’est pas de taille à décourager les transalpins.

Seulement 8e au classement des favoris

Seul le Brésil a remporté plus de Coupes du monde que l’Italie. La perspective de voir la Squadra brandir, au Maracana, le trophée une cinquième fois fait saliver tous les tifosi. Cette étoile supplémentaire sur la tunique azzurra permettrait d’égaler le pays organisateur. Mais le rêve peut-il devenir réalité ? Premièrement, il faudra sortir de ce groupe difficile. La Celeste, emmenée par Suarez et Cavani, sera redoutable et l’Angleterre reste l’Angleterre, même si les Three Lions apparaissent un cran en retrait. Une fois extirpée de sa poule, l'Italie trouvera un chemin parsemé d'embûches. Un 1/8e de finale contre la Colombie, la Côte d'Ivoire ou le Japon qui flaire bon le parfum du match piège avant d'envisager un quart contre l'Espagne ou le Brésil, porté par tout un peuple...

Cela s’annonce donc difficile pour les Azzurri, mais ceux-ci possèdent sans doute l’un des noyaux les plus complets du plateau. Cesare Prandelli dispose de nombreuses options et n’hésite pas à faire tourner son groupe en fonction des besoins du moment. Cette capacité à s’adapter pourrait se révéler une grande force dans une compétition où la qualité collective et tactique a pris le dessus sur les individualités. Nos partenaires de Betfirst ne donnent pourtant qu’une chance sur 26 aux Italiens de décrocher le Graal le 13 juillet prochain. Mais les statistiques et les cotes des bookmakers sont faites pour être démenties, surtout de l’autre côté des Alpes.

Fabien Chaliaud

 

18:13 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Les équipes de la Coupe du monde, MONDIAL 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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