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05/01/2014

Mondial 2014: des Lions pour le chat ?

52c97cdb35701baedab16ede.jpgA la rue depuis 1996, les Anglais espèrent tous les deux ans rappeler qu'ils restent une nation phare du football. Le Mondial 2014 sera sans doute la dernière occasion pour des génies comme Steven Gerrard et Frank Lampard de briller sous le maillot aux lions. Mais deux géants se dressent devant les inventeurs du football...


A l'approche du mondial brésilien, DH.be vous présente les 32 nations qui seront du voyage. 32 nations parmi lesquelles 7 d'entre elles pourraient se dresser sur la route des Diables Rouges. C'est désormais au tour de l'Angleterre de passer sous la loupe.

Cela fait maintenant près de vingt ans que l'Angleterre court après son glorieux passé. Demi-finaliste de "son" Euro en 1996, les Three Lions n'ont plus rien fait de bon depuis. Avec en point d'orgue, une élimination en qualifications de l'Euro 2008. Une humiliation qui avait provoqué une terrible onde de choc de l'autre côté de la Manche. Deux ans plus tard, les Anglais se faisaient sortir dès les huitièmes de finale par l'Allemagne. Un match resté dans les annales pour un but refusé à Frank Lampard, alors que le tir du médian de Chelsea avait franchi la ligne du but de Manuel Neuer. En 2012, un Pirlo stratosphérique plongeait cinquante-trois millions d'Anglais dans la déprime, avec une pichenette sacrément couillue en guise de bouquet final.

A six mois du Mondial brésilien, l'Angleterre ne fait peur à personne, si ce n'est à son public. En deux ans, les hommes de Roy Hogdson sont passés de la quatrième place du classement FIFA à une piètre treizième position, en décembre 2013. Pour se rassurer, ils se diront qu'ils ont fait pire en septembre de la même année, avec une dix-septième place, derrière les États-Unis et la Bosnie-Herzégovine. Il n'empêche, la mère patrie du football est en danger. Et sacrément guignarde. Versés dans l' "autre groupe de la mort" aux côtés du Costa Rica, mais surtout de l'Uruguay et de l'Italie, Rooney et consorts ne peuvent pourtant plus se louper, sous peine de passer pour la "grande nation" la plus faible du Vieux continent. Un constat d'autant plus paradoxal que la Premier League est sans doute le championnat le plus attractif du monde. Mais également le plus mondialisé. Durant l'été, un quotidien britannique révélait que seule une poignée de joueurs anglais avaient eu grâce aux yeux des clubs de leur pays. Une situation inverse à celle constatée en Allemagne et en Espagne, les deux nations locomotives de la sphère football.

Incapable de renouveler les cadres de son équipe A, la FA panique déjà à l'idée de perdre ses tauliers que son Frank Lampard et Steven Gerrard, quelques mois après avoir du prendre congé de Rio Ferdinand. A 35 et 33 ans, les deux piliers de l'édifice anglais auront sans doute à cœur de clôturer leur carrière internationale sur un fait d'armes qui fera oublier les années de lose vécues sous le maillot blanc. Avec deux défaites face à l'Allemagne et le Chili en amical sur leur mythique pelouse de Wembley, c'est pas gagné...

 

L'équipe-type: les yeux dans les vieux

Arrivé à la tête de l'équipe nationale en mai 2012, Roy Hogdson a vite opté pour un 4-2-3-1 qui devait permettre d'alimenter au maximum les attaquants. Après une carrière de coach qui l'a mené de l'Italie à la Suisse, en passant par les Emirats et la Finlande, l'ancien défenseur a accepté la difficile mission de succéder à un Capello aussi cher que décevant à la tête du squad de sa très gracieuse Majesté. Hogdson récupère un effectif vieillissant, en pleine transition entre des trentenaires qui disputent sans doute leur dernière compétition internationale, et des jeunes loups pas encore habitués aux chocs du top absolu.

Dans les cages, le sélectionneur peut compter sur Joe Hart. Le portier de Manchester City n'a pas encore atteint le niveau de types comme Gianluigi Buffon ou Iker Casillas, mais le joueur de 26 ans a clairement fait oublier les "glorieuses années" David James et Robert Green. Solide et sûr, il lui manque toutefois ce petit soupçon de flamboyance pour le classer parmi les meilleurs remparts de la planète.

En attendant, il permet à la charnière centrale composée de Gary Cahill et Phil Jagielka de ne pas frôler l'arrêt cardiaque au moindre faux pas. A 28 ans, le défenseur de Chelsea a supplanté David Luiz dans la hiérarchie instaurée par José Mourinho. Solide et costaud, l'Anglais n'a pas le côté "salopard" du Brésilien. Mais il est doté d'une très bonne relance, ce qui permet à son équipe de reprendre le contrôle du jeu en toute quiétude. A ses côtés, on retrouve donc Jagielka. Arrivé dans le noyau international en 2008, le capitaine d'Everton fait désormais figure d'incontournable. Capable de jouer central ou latéral, il a même évolué au poste de médian. Une polyvalence intéressante, même si son poste de prédilection reste bel et bien juste devant Hart. A 31 ans, c'est à lui que revient la place de patron du quatre arrière défensif. Une mission acceptée de bonne grâce (forcément !) par ce clubman, qui n'a connu que deuxteams dans sa carrière.

 

Sur les flancs, les choses sont un brin plus floues. A droite, Hogdson a le choix entre Kyle Walker et Glen Johnson. Ces derniers mois, c'est le back droit de Tottenham qui a pris le dessus sur le joueur de Liverpool. Petit mais véloce, le Spur peut apporter son soutien en contre-attaque. A 23 ans seulement, il représente également une solution d'avenir par rapport à un Johnson qui accuse six ans de plus. Mais le Red n'est pas fini et compte bien faire sentir son souffle dans le cou de Walker. De l'autre côté, c'est un peu le même topo. Ashley Cole est le favori pour le fauteuil de latéral gauche. Mais le Blue va devoir cravacher pour distancer Leighton Baines. Avec son look tout droit sorti d'un clip d'Oasis, le défenseur d'Everton est en train de donner une nouvelle dimension à sa carrière. Courtisé par Manchester United, ce joueur de 28 ans à la superbe patte gauche est déjà dans les starting-blocks pour succéder à Cole, 33 ans, quand celui-ci préférera faire de la chasse à la donzelle, son autre sport de prédilection.

Viré de la sélection anglaise lors du dernier Euro, Michael Carrick pourrait être l'homme de main deSteven Gerrard. Joueur de champ le plus utilisé des qualifications, le maestro de Liverpool sera à nouveau le chef d'orchestre du jeu anglais. Avec Carrick ? Plus titré en championnat que Gerrard et Lampard réunis, l'homme ne compte pourtant que 31 caps. Las de n'être repris qu'une fois sur deux dans le XI de base de son coach, le Mancunien s'était exprimé dans la presse, provoquant un tsunami dont la conséquence était donc cette absence en Ukraine et en Pologne. Vu la façon dont son équipe a été baladée par l'Italie de Pirlo, c'est peut-être un mal pour un bien. Toujours est-il que deux ans plus tard, le Red Devil est avide de revanche. Mais si Gerrard, 33 ans, fait figure de certitude, le second ticket dans la deuxième ligne anglaise attire pas mal de convoitise. Carrick, donc, mais également Tim Cleverley, titularisé contre l'Allemagne en amical, James Milner, utilisé contre le Chili, Frank Lampard, 35 ans, mais toujours dans le move, et enfin Jack Wilshere. A seulement 22 ans, le médian d'Arsenal est le successeur que tout un pays attendait dans l'optique d'une retraite prochaine de Saint Steven. Mais à 32 piges, Carrick ne compte pas se laisser griller la politesse par un gamin de dix ans son cadet.

Sur l'aile gauche, Danny Welbeck est quasiment assuré de jouer. Naturellement doué, l'Anglais de 23 ans a régalé avec quatre buts en cinq rencontres dans le groupe H. Habitué à jouer en véritable numéro neuf depuis la blessure de Robin Van Persie, l'attaquant excelle aussi sur l'aile gauche, idéale pour lui permettre de revenir sur son bon pied et allumer les gardiens adverses. Sur le flanc droit, deux joueurs sont en concurrence pour endosser le rôle de titulaire. D'un côté, Theo Walcott, d'Arsenal, 24 ans, 1,70m pour 68 kilos, cinq buts en treize apparitions cette saison. De l'autre, Andros Townsend, 22 ans, 1,81m, 81 kg, un seul pion inscrit en quatorze rencontres avec Tottenham. Un duo que va devoir départagerMister Hogdson. Pour rajouter encore un peu plus de difficulté, les deux hommes se ressemblent physiquement. Sur un malentendu, le Gunner, qui a vu son concurrent prendre le dessus lors des derniers matches internationaux, peut espérer glaner une ou deux présence au Brésil.

 

Sur le front de l'attaque, les choses sont claires, c'est Wayne Rooney qui est à la barre. Placé un cran en-dessous de Daniel Sturridge, la star de United dispose d'une grande liberté pour alimenter le marquoir. Depuis l'arrivée de Van Persie à Manchester, l'international est également habitué à faire marquer ses équipiers. Un altruisme nouveau qui placera l'avant de Liverpool en orbite pour finir le boulot. Mais avec trente-huit buts marqués en 88 sélections, Shrek compte bien terroriser les défenseurs adverses. Ceux-ci devront également se méfier de Sturridge. A 24 ans, le buteur des Reds a parfaitement pallié l'absence de Luis Suarez durant la suspension de ce dernier. Passé par tous les plus grands clubs anglais sans jamais y percer, le joueur semble enfin avoir trouvé son rythme de croisière.

 

 

 

L'homme à suivre : Wayne Rooney, l'impatient anglais

Wayne Rooney, meilleur buteur de son équipe ? Ce n'est pas vraiment un scoop en soi. Mais cette régularité au plus haut niveau fait de l'attaquant le fer de lance des Three Lions. Absent lors des deux premiers matches de qualifs pour cause de blessure, sa Majesté Wayne a repris ses droits en plantant un doublé à Saint-Marin. Cinq autres goals suivront en cinq rencontres. Un ratio plus qu'intéressant, agrémenté d'un assist contre les mêmes adversaires au match retour. A ces chiffres, il faut ajouter un travail énorme pour accaparer les arrières d'en face, histoire de libérer un maximum d'espace pour Welbeck et Sturridge. Bref, Steven Gerrard n'est pas le seul porte-étendard du drapeau à la croix de Saint-George.

 

Avec cinq titres de champion d'Angleterre, une Ligue des Champions et une Coupe du monde des clubs, Rooney pourrait être rassasié. Mais voila, il ne l'est pas. Habitué à bouffer le bitume des docks de Liverpool, le buteur de 28 ans veut désormais apporter un nouveau joyau à sa couronne: une perf' au niveau international. Deux fois quart de finaliste de l'Euro, il a atteint le même stade lors de la Coupe du monde 2006. Un bilan un peu faiblard, eu égard au talent du garçon. Sympa en coulisses mais hargneux sur le terrain, Rooney va pouvoir se mesurer à des défenseurs comme Diego Lugano ou encore Giorgio Chiellini. Soit une "Faucheuse" qui a traumatisé les championnats turc et espagnol et un Azzurro en pleine forme. L'autre défi pour Wayne sera de s'ériger en buteur de référence face à des lascars comme Luis Suarez et Mario Balotelli. A moins que le Costaricien Alvaro Saborio ne mette tout le monde d'accord...

 

L'Ukraine a pourtant tout Donetsk...

Avec un pourcentage de 60% de victoires, l'Angleterre est loin d'avoir archi-dominé son groupe H. Seule l'Italie a rendu un aussi faible bilan. Outre la Moldavie et Saint-Marin, la Perfide Albion devait se mesurer à la Pologne de Robert Lewandowski, à l'Ukraine d'Anatoly Tymoschuk et surtout au surprenant Montenegro de Mirko Vucinic et Stevan Jovetic. Si les Britanniques ont fait le boulot face aux Moldaves et Saint-Marinais, ils se sont faits peur face aux Ukrainiens. Lors de ces qualifications, l'Ukraine a même sonné deux fois l'Angleterre, mais celle-ci se ressaisira en fin de parcours, en battant les Monténégrins et les Polonais à domicile.

Cette victoire face aux Aigles blancs, acquise lors de l'ultime journée, était indispensable aux Three Lionspour valider leur ticket pour le Brésil. Comme un symbole, c'est le vieux serviteur Steven Gerrard qui inscrit le deuxième et dernier but de son pays, évitant ainsi à son équipe de devoir se coltiner les barrages.

Malgré cette qualif' étriquée, l'Angleterre peut se targuer de disposer de la troisième meilleure attaque derrière l'Allemagne et les Pays-Bas, et de la deuxième meilleure défense derrière l'Espagne. De plus, les hommes de Roy Hogdson ont bouclé leurs dix rencontres sans aucune défaite au compteur. Des stats qui montrent bien que si l'Angleterre balbutie parfois son football, elle peut se permettre d'avoir des ambitions, au-delà de cet orgueil so british qui les caractérise.

Un ménage à trois, un terrain glissant

Malgré d'indéniables qualités, une envie de bien faire et un groupe avide de revanche, il sera difficile pour l'Angleterre de franchir la phase de groupe. D'ailleurs, nos partenaires de BetFirst ne donnent qu'une cote de 29 contre 1 aux Lions. La faute aux compagnons de chambrée costauds que sont l'Italie et l'Uruguay. La première peut compter sur un effectif rôdé et sûr de lui, bien décidé à revivre le même frisson qu'un soir de juillet 2006. Avec Pirlo à la baguette, Buffon pour faire les gros yeux à Rooney, et Balotelli à la pointe de l'attaque, Cesare Prandelli est confiant et "ne craint pas l'Angleterre". Dans la forêt tropicale de Manaus, la Squadra compte offrir un récital à son rival britton.

 

Quant aux Urugayens, ils disposent d'un trident offensif tout simplement flippant, avec Luis Suarez et Edinson Cavani en tête de pont. Un duo auquel il faut rajouter le beau Diego Forlan, dont la chevelure blonde ne fait plus rêver personne en Europe, mais qui pourrait profiter du Mondial pour se rappeler au bon souvenir des dirigeants de l'Inter. On ne peut que souhaiter à Cole, Jagielka et à leurs collègues défenseurs soient bien en ordre pour leur vaccins anti-tetanos et contre la rage. On ne sait jamais...

 

 

 

Retrouvez la présentation des 32 équipes par l'équipe de DH.be sur notre page spéciale: Mondial 2014 .

AURÉLIE HERMAN

20:55 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Les équipes de la Coupe du monde, MONDIAL 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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