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04/01/2014

Mondial 2014: Tokyo hautaine ?

52c83c0d35701baedab0d19e.jpgDans "Olive et Tom", le Japon remporte la Coupe du monde juniors ex-aequo avec l'Allemagne. Mais entre la réalité et la fiction, il y a un pas que les Samurais Bleus n'ont pas franchi même s'ils viennent quand même de se qualifier pour leur 5e phase finale consécutive. Après avoir atteint les 1/8e à deux reprises, ils essaieront de faire au moins aussi bien en juin prochain au sein d'un groupe C où l'on retrouve la Colombie, la Côte d'Ivoire et la Grèce.


En vue du mondial brésilien, DH.be vous présente les 32 nations qui seront du voyage. 32 nations parmi lesquelles 7 d'entre elles pourraient se dresser sur la route des Diables Rouges. Aujourd'hui, place à notre dernier adversaire en match amical, le Japon. Les Samurais Bleus se retrouvent dans un groupe assez homogène avec la Colombie, la Côte d'Ivoire et la Grèce. Objectif avoué : atteindre les 1/8e de finale et plus si affinité.
 

Deux bombes atomiques, un tsunami, des tremblements de terre fréquents. Le Japon n'a pas été épargné ces dernières décennies. Mais le pays a toujours su se relever de ces catastrophes avec une certaine dignité. Pays vieillissant, la troisième puissance économique mondiale est victime d’une grave pénurie de main d’oeuvre. Un problème qui n’est pas près de s’améliorer avec la faible immigration et la faible natalité. No sex and the city

Au “Pays du Soleil Levant”, le ballon rond n’est pas le sport roi. Au détriment des arts martiaux ou du sumo ? Pas nécessairement. Si les Japonais dominent ces disciplines, elles ne sont pourtant pas très regardées. Le base-ball bénéficie de la couverture médiatique la plus importante, mais le sport le plus populaire est... la course à pied.

Le football est cependant en plein essor avec une équipe nationale considérée comme la meilleure du continent asiatique. Mais le championnat local est en perte de vitesse. Les clubs nippons sont désormais victimes de la concurrence financière de leurs homologues chinois, arabes et australiens. Il semble loin le temps où la J-League accueillait des joueurs et entraineurs de renom comme Patrick Mboma, Arsène Wenger, Zico, Leonardo, Basile Boli, Michael Laudrup ou Lorenzo Staelens et lancait la carrière d'Hulk. Désormais, les meilleurs éléments du pays n'hésitent plus à rallier l'occident où la Bundesliga a été une terre d'accueil pour quelques uns d'entre eux. Il paraît loin le temps où Nakata et Nakamura étaient pratiquement les seuls expatriés.

Depuis 1998, la sélection n'a plus loupé un seul mondial. Pour arriver à ce résultat, il aura fallu occidentaliser sa pensée. Friands de mangas, les Japonais ont sans doute cru pendant un temps que quelques tirs supersoniques en lévitation sur des terrains de plusieurs kilomètres de long suffiraient à gravir les échelons de la hiérarchie mondiale. Mais le temps de la naïveté est définitivement révolu dans l'archipel.

Huitièmes de finaliste lors des éditions 2002 et 2010, les Samurais Bleus espèrent faire au moins aussi bien au Brésil. Ce serait un bel hommage au "Captain Tsubasa" (Olive et Tom) qui devait remporter son championnat scolaire pour pouvoir jouer au pays de la Seleçao.

L'équipe type : Kagawa, Kagawa, voilà les Daltons

L'actuel sélectionneur nippon possède un point commun avec l'un des héros de "Captain Tsubasa", Kojiro Hyuga (Mark Landers dans la version française) : la Juventus. C'est en effet la Vieille Damequ'Alberto Zaccheroni entrainait avant de s'exiler au "Pays du Soleil Levant" en 2010. Un coach expérimenté passé par quasiment tous les grands clubs italiens à l'exception de l'AS Roma. Son grand fait d'arme, il l'a accompli à la tête du Milan AC en décrochant le Scudetto en 1999 dans son système fétiche, le 3-4-3. Si le technicien transalpin a plus d'un tour dans son Zac et projette toujours de faire jouer ses ouailles dans ce schéma, c'est le 4-2-3-1 qui est actuellement d'application.

Kawashima, mon amour. Entre les perches, le gardien du Standard est indiscutable. Décrié à la fin de la saison dernière, le portier nippon a réussi à relever le défi Yohann Thuram. Shusaku Nishikawa devra donc se contenter du statut de doublure. De toute façon, les prestations impeccables de Kawashima lors de la dernière Coupe du monde et lors de la victoire japonaise en Coupe d'Asie lui ont offert un sacré crédit. Pas sûr qu'un temps de jeu moins important en club l'aurait forcémént pénalisé.

 

La défense devrait être articulée autour de l'axe central Yoshida-Konno et Zaccheroni prie pour que son duo soit épargné par les blessures car les solutions de rechange ne sont pas légion. Aux backs , pas question de prendre froid avec Hiroki et Gotoku Sakai. Le sélectionneur compte de toute façon sur Uchida (Schalke 04) et Nagatomo (Inter). Zaccheroni leur demande de souvent monter et tant pis pour les espaces créés dans leur dos. Les deux sentinelles sont là pour boucher les trous lorsque les latéraux se sentent pousser des ailes. Pour ces postes, le Zac a le choix entre trois hommes. Le capitaine Hasebe (Nuremberg) semble incontournable. A ses côtés, cela se jouera entre l'expérimenté Endo (Gamba Osaka) et la jeune promesse Yamaguchi (Cerezo Osaka), titularisée lors des deux derniers amicaux. Le travail de récupération de ces deux milieux sera crucial pour donner un maximum de ballons au trio offensif composé d'Okazaki (Mayence), Honda (AC Milan) et Kagawa (Manchester United).

Même si ce dernier n'a pas beaucoup de temps de jeu à l'ombre d'Old Trafford, il n'en demeure pas moins l'élément le plus créatif, tandis le récent transfuge Rossonero prend à son compte la direction du jeu avec sa patte gauche dévastatrice. L'ancien attaquant de Stuttgart apporte de la profondeur, un jeu plus instinctif et une présence supplémentaire dans les seize mètres. Le choix du numéro 9 demeure le gros casse-tête de Zaccheroni. Après avoir essayé Maeda et Havenaar, ce sont désormais Osako et Kakitani, auteurs respectivement de 19 et 21 réalisations dans leur club respectif de J-League, qui tiennent la corde. A un ou deux postes près, le sélectionneur japonais a son onze de base en tête. On pensait que les matchs amicaux contre les Pays-Bas et la Belgique serviraient à faire une série de tests, il n'en fut rien. Même si le Zac n'a pas exclu de chambouler certaines choses en mars.

L'homme à suivre : Keisuke Honda, le moteur qui met tout le monde d'accord

Yuto Nagatomo ne sera plus le seul nippon du Piémont. Depuis ce premier janvier, Keisuke Honda a posé ses valises à Milan, mais portera la liquette du club voisin et rival de son compatriote. A 27 ans, le milieu de terrain aura pour défi de relancer une équipe à la dérive depuis le début de la saison. Et il possède toutes les qualités pour y arriver. Rapide, technique, doté d'un pied gauche diabolique et d'une excellente vista, le natif de Settsu est aussi un travailleur acharné. L'Italie a aimé Nakata au début des années 2000, elle devrait adorer Honda. 

Au Japon, c'est déjà le cas. Tout le pays a encore en mémoire sa performance lors du Mondial 2010 en Afrique du Sud. Aligné à la surprise générale en pointe, il avait marqué deux buts contre le Cameroun et le Danemark, prélude d'une qualification pour les 1/8e de finale. Polyvalent, Honda a joué à pratiquement tous les postes du milieu de terrain. Ailier déroutant lors de ses débuts européens à Venlo aux Pays-Bas, il a connu le purgatoire avant d'être l'artisan de la remontée de son équipe parmi l'élite. Ses prestations ont tapé dans l'oeil du CSKA Moscou qui a signé un chèque de 9 millions pour s'attirer ses services en janvier 2010.

Il met rapidement la capitale russe à ses pieds en offrant au CSKA le premier quart de finale de Champion's League de son histoire avec un coup franc magistral des 30 mètres contre le FC Séville. Pour ne pas freiner l'éclosion de la jeune promesse russe Dzagoev, le Japonais est replacé dans l'axe par son coach et occupe même la position de milieu défensif. Cela ne l'empêche pas de garder un excellent rendement et de faire parler la poudre avec son coup de patte foudroyant. Cette année, il s'est offert un doublé Championnat-Coupe. Une apothéose parfaite pour sa carrière russe.

En 2011, Honda a été élu meilleur joueur de la Coupe d'Asie des Nations remportée par la quatrième fois par les Samourais Bleus . Lors de la campagne qualificative pour ce Mondial, c'est lui qui a marqué contre l'Australie le goal de l'égalisation, synonyme de Brésil. Désormais considéré ,et pas seulement pour son patronyme, comme le moteur de la sélection, il espère porter le Japon le plus loin possible en juin prochain. L'histoire s'écrira à ce prix.

Premier pays à valider son billet pour le Brésil

Contrairement aux idées reçues, une qualification au mondial en Zone Asie n'est pas une sinécure. Les déplacements sont particulièrement éprouvants pour toutes les équipes qui doivent parcourir des milliers de kilomètres et s’acclimater aux chaleurs étouffantes du Moyen-Orient. Les éliminatoires commencent aussi très tôt. Les Nippons étaient déjà à pied d'oeuvre dès le 2 septembre 2011 (Les Belges commençaient leur campagne 1 an plus tard).

Premier objectif, terminer dans les deux premiers d'un groupe composé de l'Ouzbékistan, de la Corée du Nord et du Tadjikistan. Rapidement, les Samurais Bleus s'assurent de leur participation au tour suivant en prenant 10 points sur douze. De quoi se relâcher quelque peu lors des deux derniers matchs avec deux défaites contre la Corée du Nord et l'Ouzbékistan. Le Japon se fait griller la première place par ce dernier, mais l'essentiel est quand même acquis.

Lors de la deuxième phase de poule, le Japon se retrouve avec Oman, la Jordanie, l'Irak et l'Australie. Les ouailles de Zaccheroni remportent leurs quatre premières rencontres et ramènent un partage de leur périple en Australie. La défaite en Jordanie marquera un coup d'arrêt inattendu, mais il ne fallait prendre qu'un point à domicile contre l'Australie pour valider son billet pour le Brésil. Les Samurais Bleus se feront longtemps peur contre les Socceroos . Menés 0-1 à 8 minutes du terme, les Nippons héritent d'un pénalty dans les arrêts de jeu. Keisuke Honda ne tremble pas et qualifie les Nippons pour leur cinquième phase finale consécutive.

Le Japon croit aux 1/8e, les bookmakers un peu moins 

Au Brésil, le Japon retrouvera sur sa route la Colombie, la Côte d'Ivoire et la Grèce, trois nations mieux classées que lui au ranking FIFA. Cela n'empêche pas les Samurais Bleus de croire en leurs chance.s Après le 1/8e de finale en 2010, ils ne peuvent de toute façon pas de se contenter d'un moins bon résultat. Si les conditions leur sont favorables, les Asiatiques pensent même aller un peu plus loin. Tokyo serait-elle devenue hautaine ? Non, elle veut juste que la régularité de ses performances ces dernières années soit considérée autrement que comme une "surprise" par la presse européenne.

Les Bookmakers sont eux moins enthousiastes quant aux chances nippones. Ils ne leur attribuent qu'une chance sur 151 de décrocher le Graal le 13 juillet prochain . Il faut dire que s'ils parviennent à s'extirper de la phase de poule, les hommes du "Pays du soleil levant" se farciraient au tour suivant les Anglais, les Uruguayens ou les Italiens. Un défi qui s'annonce compliqué même si contre ces derniers en Coupe des Confédérations et contre les Belges et Néerlandais en match amical, les Samurais Bleus ont montré qu'ils étaient capables de tout dans un bon jour.

Fabien Chaliaud

 

18:12 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Les équipes de la Coupe du monde, MONDIAL 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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