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02/01/2014

Mondial 2014: Les Hollandais violents

52c3d25b3570105ef7e1a358.jpgOn continue les présentations dans le groupe B avec les Pays-Bas, finalistes du dernier Mondial. Spécialistes internationaux de la finale perdue, nos voisins du Nord débarquent au Brésil avec l'ambition arrogante qui les caractérise. Mais aussi avec une armada offensive aussi riche en egos démesurés qu'en talent.


En vue du mondial brésilien, DH.be vous présente les 32 nations qui seront du voyage. 32 nations parmi lesquelles 7 d'entre elles pourraient se dresser sur la route des Diables Rouges. Aujourd'hui, place à nos voisins du nord. Hup, Holland, hup.

Quatre ans après avoir expérimenté contre leur gré le fameux adage du "jamais deux sans trois", les Pays-Bas débarqueront au Brésil l'été prochain avec une quatrième finale mondiale dans le viseur. Performance qui serait loin d'être anodine pour un lopin de terre royal de 40.000 kilomètres carrés, dont les seize millions d'habitants pourraient se retrouver les pieds dans l'eau si la Mer du Nord se montrait un peu capricieuse, la faute à un pays qui culmine seulement à trois cents petits mètres d'altitude, et dont une bonne partie des terres se situent sous le niveau de la grande bleue.

Prenez un cycliste en train de manger du gouda devant un champ de tulipes avec un beau moulin en toile de fond, et vous avez rassemblé tous les clichés qui pèsent sur la tête de nos voisins du Nord. Encore qu'il faudrait y ajouter un ballon rond trimbalé avec classe. Parce que de Johan Cruijff à Dennis Bergkamp, les Pays-Bas ont toujours été une terre d'esthètes (même si bon, ils ont aussi enfanté Roy Makaay et Mark Van Bommel), et ne se sont jamais privés de le rappeler à la moindre occasion. On les surnomme les Oranje pour la couleur de leur maillot, mais si on prenait en compte les personnalités hautes en couleur de leur sélection, les appeler les Melons serait sans doute plus approprié.

L'équipe-type: Défense fébrile, attaque fertile

Après la triple claque encaissée lors des poules de l'Euro 2012, Van Marwijk et son football pragmatique ont laissé place à l'arrogant Louis Van Gaal et au retour du football total sauce hollandaise. Douze ans après avoir échoué dans sa première mission nationale, manquant la qualif' pour le Mondial asiatique, lePélican a mené ses troupes vers le Brésil en s'appuyant sur une armada offensive impressionnante et un renouvellement de sa base défensive.

Entre les perches, Maarten Stekelenburg a disparu de la circulation, comme explosé en plein vol après une Coupe du Monde aérienne en 2010. Derrière, les candidats se bousculent au portillon pour garder les cages des Oranje au Brésil. Michael Vorm et Kenneth Vermeer ont longtemps tenu la corde, avec Tim Krul en guise de challenger, mais ces derniers mois, c'est un quatrième larron qui a tiré les marrons du feu:Jasper Cillessen, son mètre 88 et son look qui ne peut pas faire douter un instant sur sa nationalité ont séduit Louis Van Gaal, après avoir convaincu Franck De Boer d'en faire son numéro un du côté d'Amsterdam.

Du haut de ses 24 piges, le grand Jasper trône derrière une défense à la moyenne d'âge quasi anderlechtoise. Sur la gauche, Jetro Willems a longtemps tenu la corde, avant que Daley Blind, fils du mythique Danny, ne s'impose. De l'autre côté de l'arrière-garde, c'est Daryl Janmaat, latéral droit de Feyenoord, qui enfile le numéro 2 malgré les performances en hausse de Van der Wiel du côté de Paname. Les pensionnaires du Kuip sont mis à l'honneur dans cette défense nationale, puisque l'ancien enfant prodige Ron Vlaar, aujourd'hui équipier de Benteke chez les Villans, prend place aux côtés deBruno Martins, actuel arrière central de Feyenoord et seulement 21 ans au compteur. Une arrière-garde pas toujours exempte de tout reproche, et qui risque de boire la tasse plus d'une fois face aux grosses pointures du foot mondial.

Mais Van Gaal s'en fout. Parce que quand son équipe a le ballon, il pourrait même aligner Edwin Van der Sar en défense centrale sans avoir peur. Et justement, son équipe a plutôt souvent le ballon. Il faut dire que le triangle de l'entrejeu sait épeler balbezit (possession de balle) sans sourciller. Il y a d'abord Stijn Schaars, version plus esthétique de Nigel De Jong et élément le plus défensif du trio. Il y a surtout Kevin Strootman, 23 ans à peine mais déjà une valeur sûre du côté de la Roma qu'il a rejointe cet été, et qui régale la moitié de la Ville Éternelle à coups d'alternances jeu court-jeu long. Il y a enfin Wesley Sneijder, numéro 10 dans le dos et jeu offensif sur les épaules. Et si ça ne suffit pas, Rafael Van der Vaart est prêt à bondir d'un banc où se trouve aussi le très prometteur Maher.

Vous en voulez encore? Devant, Robin van Persie a terminé les qualifs en tête des buteurs européens avec onze buts au compteur. En dix matches. Le brassard de capitaine a donné des ailes au buteur de la maison oranje. En parlant d'ailes, justement, elles sont évidemment essentielles dans ce 4-3-3 qui colle à la peau de Pays-Bas biberonnés aux maximes de Cruijff. Côté gauche, c'est Jermaine Lens, le véloce attaquant du Dynamo Kiev, qui fait parler sa pointe de vitesse et son sens du but. De l'autre côté, évidemment, il y a Arjen Robben, le loser absolu qui a vaincu sa malédiction vieille de trois ans au printemps dernier, d'un ballon glissé hors de portée de Weidenfeller sur la pelouse de Wembley. Un arsenal offensif qui sent l'ego et la poudre.

L'homme à suivre: Wesley Sneijder

On aurait pu vous parler du sixième sens de Robin van Persie quand le ballon traine dans les seize mètres. Ou du crochet extérieur suivi d'un enroulé pied gauche d'Arjen Robben. Mais pour que ces Pays-Bas passent du statut de dangereux challenger à celui de vainqueur en puissance l'été prochain, c'est un cran plus bas qu'il faudra répondre présent. Et un cran plus bas, il y a Wesley Sneijder.

L'histoire a mal commencé entre Sneijd'Or et Louis Van Gaal. Un brassard de capitaine enlevé du biceps tatoué de l'orgueilleux Wesley qui a finalement piqué au vif l'ancien maestro de l'Inter, débarqué à Istanbul l'hiver dernier dans un transfert que beaucoup voyaient comme un épitaphe, quelques saisons après avoir touché le ciel avec un triplé et une finale de Coupe du Monde perdue malgré une passe en demi-volée divine pour un Arjen Robben victimisé par Casillas.

Non, Sneijder n'a pas disparu de la carte du foot européen sur les rives du Bosphore. Et si vous en doutez, demandez à la Vieille Dame ce qu'elle en pense. Laissé pour mort suite à sa chute du podium d'un Ballon d'Or 2010 qu'il aurait dû remporter, Wesley Sneijder est sorti de sa tombe pour venir hanter le Brésil à coups de banana pass, de langoureuses ouvertures de l'extérieur du pied et de caresses en profondeur. Histoire de rappeler qu'il fait toujours partie de ces rares joueurs capable de pouvoir renverser le match en deux touches de balle quand ils reçoivent le ballon dans leur propre moitié de terrain.

En qualifs, ça claque

34 buts en dix matches. Des chiffres qui donnent le vertige, surtout dans un groupe qui comprenait tout de même Roumanie, Turquie et Hongrie. Pas de quoi inquiéter la bande à Van Gaal, qui fut l'une des premières nations d'Europe à composter son ticket pour Rio, bouclant ses qualifs avec 28 points sur trente possibles, la faute à un nul arraché on the buzzer à Tallinn face à de bien modestes Estoniens.

Pour le reste, ce fut une orgie de secouage de filets. Jamais les Pays-Bas n'ont marqué moins de deux fois, les Oranje semblant connaitre le chemin des filets comme leur poche. 4-0 et 1-4 contre les Roumains, et surtout cet incroyable 8-1 planté aux Hongrois à l'ArenA d'Amsterdam le 11 octobre dernier, un mois après assuré la qualif' grâce à un doublé de l'inévitable van Persie sur la pelouse d'Andorre.

Deuxièmes du Groupe D à neuf points des intouchables Oranje, les Roumains avaient pourtant pensé pouvoir tenir la comparaison. Il faut dire que, comme les Néerlandais, ils avaient entamé leur campagne par un neuf sur neuf qui leur permettait d'accueillir leurs rivaux en tant que co-leaders le 16 octobre 2012. Un 1-4 bien tassé plus tard, les Oranje volaient, alors que la Roumanie finira par s'écraser sur le barrage grec.

Un challenger orgueilleux

Après trois finales perdues, nos voisins du Nord pourront-ils enfin vaincre le signe indien (et tout ça, en étant à des milliers de bornes de Calcutta)? Nos partenaires de BetFirst en font en tout cas des outsiders de premier plan, les plaçant au huitième rang dans la hiérarchie des champions du monde potentiels, avec une cote à 26 contre 1 qu'ils partagent avec l'Italie.

La mission de Louis Van Gaal s'annonce toutefois périlleuse, puisqu'il faudra gérer les egos et une ligne défensive approximative pour sortir d'un groupe plus que délicat, où les Oranje retrouveront leurs bourreaux espagnols et les redoutables Chiliens (ah oui, et il y aura aussi l'Australie), dans une lutte à trois pour une place en huitièmes qui s'annonce d'ores et déjà dantesque. Mais évidemment, les Néerlandais sont confiants. Même l'Espagne ne leur fait pas peur. Surtout qu'a priori, Del Bosque ne devrait pas sélectionner le seul Ibère heureux d'en découdre avec le pays des moulins. Don Quichotte est bien trop vieux pour ces conneries.

Guillaume Gautier

17:45 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Les équipes de la Coupe du monde, MONDIAL 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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