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30/12/2013

La Croatie sortira-t-elle le grand jeu sur le damier brésilien?

52c148b635701baedaad0481.jpgPrésentation de la dernière équipe du groupe A. Rescapés des barrages, les Croates ont signé des fins de qualifications décevantes dans le groupe emmené par les Diables rouges. Du coup, on les voit mal créer une surprise au Brésil. Les seuls espoirs reposent sur les bras d'un seul homme: Luka Modric.


En vue du mondial brésilien, DH.be vous présente les 32 nations qui seront du voyage. Dont 7 pourraient se dresser sur la route des Diables rouges... Place aujourd'hui à la Croatie, une équipe que les Belges connaissent sur le bout des doigts. Marc Wilmots et sa bande ont en effet renvoyé les Croates au second rang lors des qualifications, les forçant à passer par les barrages pour filer au Brésil! 

Le passé en Coupe du Monde de la Croatie est très simple à retracer. Hormis un très beau parcours lors de leur première participation et la troisième place décrochée en France, en 1998, les Croates ne sont jamais parvenus à se hisser au-delà du premier tour. Sera-ce pour cette fois? Dans un groupe qui s'annonce dominé par le Brésil, l'occasion semble belle. Le Cameroun et le Mexique sont en effet à la portée des joueurs au damier. Ceux-ci devront toutefois afficher un autre visage que lors de leurs derniers matches désastreux en phase qualificative, sous peine de reprendre illico l'avion pour Zagreb. 

L'equipe-type

La Croatie a connu deux entraîneurs différents durant sa campagne qualificative, Niko Kovac succédant à Igor Stimac pour les deux matches de barrages face à l'Islande. Le système de jeu, lui, n'a pas fondamentalement changé mais il est évidemment difficile de juger l'apport d'un nouveau coach sur deux rencontres. Le dispositif le plus préconisé est un 4-4-2 classique (bien que Stimac avait tenté d'innover en accueillant les Diables avec une défense à 3, en octobre). La charnière défensive centrale, formée par l'ancien joueur de Tottenham et de Leverkusen Corluka et l'expérimenté Simunic (35 ans!), tient la route. Malgré son expérience, l'ami Josip n'a pu s'empêcher de se laisser aller à des cris fascistes. Il est donc suspendu pour dix matches et privé de Coupe du monde. Dejan Lovren (ex-Lyon, désormais à Southampton) devrait être la solution de rechange privilégiée. Aux backs, la mobylette Srna arpente sans cesse le flanc droit tandis qu'à gauche, Strinic (26 ans) tend à reléguer l'ancien munichois Pranjic sur le banc de touche.

La force de la Croatie réside inévitablement dans son milieu de terrain. Il suffit de voir dans quels clubs les médians croates jouent pour s'en rendre compte. Le pion le plus important est sans conteste Luka Modric (voir ci-dessous), véritable plaque tournante et dépositaire du jeu. Le nombre de ballons qu'il touche sur une rencontre est tout bonnement exceptionnel. Mais à Madrid comme en équipe nationale, le petit prodige à besoin d'un déménageur à ses côtés. Mateo Kovacic remplit parfaitement ce rôle du côté croate. Ce jeune talent de 19 ans à peine n'a pas été transféré pour rien (11 millions d'euros) à l'Inter de Milan en remplacement de Wesley Sneijder, parti en Turquie. Sur le flanc, Ivan Rakitic, milieu offensif de formation évoluant à Séville, est devenu un incontournable de cette sélection. De l'autre côté, on retrouve généralement un gars bien connu du championnat belge: Ivan Perisic.

Devant, l'attaquant du Bayern Munich Mario Mandzukic fait l'unanimité tandis que le trentenaire Ivica Olic, qui garde de bons restes, est le plus souvent appelé pour l'épauler. Toutefois, le joueur du Shaktar Eduardo da Silva (d'origine brésilienne) et celui de Dniepropetrovsk Nikola Kalinic constituent de bonnes solutions de rechange. À noter qu'une autre force du groupe croate est la possibilité d'adapter son système de jeu en fonction de l'adversaire. Ainsi, lors du match d'ouverture du Mondial face au pays hôte, le Brésil, le sélectionneur croate optera peut-être plutôt pour un 4-5-1 qui a déjà porté ses fruits lors des qualifications. Dans ce dispositif, Rakitic rentre dans l'axe, comme il l'adore, et cède le flambeau sur le flanc à Olic (voire Kranjcar, buteur contre les Diables à Zagreb). Mandzukic, lui, évolue alors seul en pointe comme cela lui arrive fréquemment au Bayern. 

L'homme à suivre: Luka Modric

Quand on évoque la Croatie, il y a un nom qui revient sur toutes les lèvres: celui de Luka Modric. Le joueur du Real Madrid, 28 ans, compte 72 sélections en équipe nationale et semble bien parti pour devenir le joueur le plus capé de l'histoire de la Croatie. La belle histoire d'amour a commencé en 2006 mais c'est lors de l'Euro 2008 que le milieu de terrain s'affirme, figurant même dans l'équipe type du tournoi. Révélé sous les ordres de Slaven Bilic, de qui il était très proche, Modric entretiendra des rapports nettement plus orageux avec Igor Stimac. Des tensions qui atteindront d'ailleurs leur paroxysme lors de la confrontation décisive face aux Diables rouges en octobre dernier. Ce jour-là, le n°10 croate se lâche en critiquant publiquement son coach. Finalement, les mauvais résultats eurent raison de Stimac et c'est avec soulagement que le petit Luka accueillit la nomination de Niko Kovac comme nouvel entraîneur. Un changement payant puisque Modric allait alors retrouver tout son rayonnement dans la double confrontation des barrages face à l'Islande. 

Si la Croatie espère faire quelque chose durant ce mondial brésilien, elle devra en tout cas compter sur le génie d'un Modric en grande forme. Le joueur, qui est en train de faire les bons jours du Real et distribue des caviars aux Ronaldo, Bale et autre Benzema, semble être au sommet de son art (découvrez tous ses exploits de2013 en vidéo). Alors qui sait si après l'Euro 2008, son nom ne s'affichera pas aussi dans l'équipe type du Mondial 2014? Une chose est certaine, en six ans, le blondinet a progressé dans tous les secteurs. Devenu un n°8 plutôt qu'un n°10, Luka construit le jeu à partir de toutes les zones du terrain, n'hésitant pas à venir chercher le cuir entre ses deux défenseurs centraux quand c'est nécessaire. En perte de balle, il devient un véritable ratisseur et coupeur d'angles de passes. Bref, un milieu moderne et un vrai leader.

Qualifications: bon départ, fin calamiteuse

Mi-figue, mi-raisin. Voilà comment on pourrait qualifier le parcours des Croates lors des qualifs . Tout avait pourtant bien commencé. Après 6 journées (sur les 10), la Croatie partageait la tête du groupe A avec la Belgique, les deux équipes totalisant 16 points sur 18. Les Croates avaient même pris l'ascendant psychologique en allant récolter un bon point au Heysel (1-1) et pensaient déjà que tout se jouerait à Zagreb, lors de la manche retour et la 9e journée. Sauf que voilà, un soir du mois de juin (le 7, précisément), la Croatie se faisait surprendre à domicile (0-1) par de valeureux Écossais. La Belgique, de son côté, s'imposait dans son duel face à la Serbie (2-1) et prenait les commandes du groupe.

À partir de là, le navire croate allait chavirer. Un nul face à l'ennemi serbe (1-1) et la Croatie, retardée de 5 points, se trouvait contrainte de sortir le grand jeu face à la Belgique lors de l'avant-dernière journée. Mais un grand Lukaku et une excellente organisation belge eurent raison d'une équipe en méforme (1-2). Modric et ses équipiers, assurés de la 2e place, ont donc dû en découdre durant les barrages. Des barrages qu'ils préparèrent de la plus mauvaise des façons en perdant leur ultime match de poules contre les Ecossais (2-0). Heureusement pour eux, les Croates héritèrent d'un tirage plutôt clément et validèrent finalement leur ticket pour le Brésil en prenant la mesure de l'Islande lors du match retour (2-0), après un partage concédé dans la froideur de Reykjavik (0-0). 

Une cote plutôt haute mais... 

Parier 1€ sur une victoire finale de la Croatie au Mondial pourrait vous en rapporter 151 sur Betfirst. C'est nettement moins qui si vous misiez sur l'Algérie ou le Costa Rica (1001€ à gagner pour 1€ joué). Mais la Croatie a-t-elle pour autant plus de chances d'aller au bout? Les bookmakers n'y croient pas trop, et nous non plus. Certes, les Croates ont les moyens de sortir de ce groupe A derrière le Brésil. Mais à part réaliser une ou deux éventuelles surprises, on les voit mal passer les 4 phases suivantes et coiffer les lauriers. 

Attention toutefois: de la qualité, la Croatie en possède. Modric et Cie sont capables de taquiner les plus grands sur un seul match. Mais sur le long terme, il faudrait vraiment un concours de circonstances pour qu'ils franchissent à chaque fois les obstacles. Selon nous, les Croates pourraient déjà se montrer fiers en atteignant les huitièmes. À eux à présent de répondre sur les terrains brésiliens et prouver qu'on les a peut-être un peu sous-estimés! Une chose est certaine, au vu de ses derniers matches, l'équipe au damier se rend outre-Atlantique sans pression et avec des objectifs revus à la baisse. C'est peut-être dans ce contexte qu'elle sera la plus dangereuse.

S. LEGROS

19:30 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Les équipes de la Coupe du monde, MONDIAL 2014 | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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