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06/12/2013

Encore ces Sud-Coréens!

52a22a093570f96638c74749.jpgPour la troisième fois de son histoire, la Corée du Sud croise la route de la Belgique en Coupe du Monde pour un duel de Diables rouges. Présentation.


En vue du mondial brésilien, DH.be vous présente les 32 nations qui seront du voyage. Dont 7 pourraient se dresser sur la route des Diables rouges... Attardons-nous donc sur ces Sud-Coréens qui se dresseront sur notre route le 26 juin, dans le stade de São Paulo.

Jusqu'à son organisation conjointe avec le Japon en 2002,  la Corée du Sud était plus connue pour son conflit avec ses voisins du nord que pour la capacité de ses enfants à tâter le ballon rond. En vrai, le sport national est plutôt le taekwondo et, même après l'incroyable demi-finale du Mondial 2002, les rapports entre Corée du Sud et football européen se limitaient principalement aux montées au jeu à la 70e de Park avec Manchester United et à la présence de Samsung comme sponsor du maillot des Blues de Chelsea.

Cette péninsule de près de 100.000 km² abrite près de 50 millions de Sud-Coréens dans ce pays qu'on surnomme injustement le "Pays du matin calme", puisque "Joseon" (on vous épargne la retranscription dans l'écriture locale) veut en fait dire "Pays du matin frais". La culture, c'est fait, parlons football maintenant.

 

L'équipe-type

Des Lee, des Kim et des Park, pourrait-on se contenter de dire. Sauf qu'évidemment, on va aller beaucoup plus loin que ça. Et vous raconter comment, après quelques mois d'errance qui ont failli lui coûter une première absence de la grand-messe du football mondial depuis 1982, la Corée du Sud en est revenue au B.A.-BA de son style de jeu en confiant les clés de la sélection à un certain Hong Myung-bo. Un nom qui ne vous dit peut-être rien, mais le mec a tout de même été élu "Ballon de bronze" de la Coupe du Monde 2002, soit troisième meilleur joueur derrière Oliver Kahn et Ronaldo, excusez du peu.

Hong a raccroché les crampons en 2004, après une dernière pige aux Los Angeles Galaxy (David Beckham n'a décidément rien inventé), et est devenu rapidement T2 de la sélection avant de suivre Guus Hiddink, son sélectionneur de 2002, dans son aventure pleine de roubles à l'Anzhi Makhachkala. Une expérience qui lui aura été utile au moment d'emmener les espoirs sud-coréens jusqu'à la troisième place des derniers Jeux olympiques, avant donc de succéder à Choi Kang-hee, victime de l'entame désastreuse des Guerriers Taegeuk sur la route du Brésil.

D'emblée, Hong a (re)posé les bases du football des autres Diables rouges: "Nous ne sommes pas l'Espagne ou l'Allemagne. Je veux développer un style tactique propre aux Coréens." Retour aux sources donc, avec des courses à perdre haleine, un pressing intense et une défense bien organisée, qui réduit les espaces des offensives adverses avant de se lancer dans des contres supersoniques.

Petit tour par l'équipe-type, qui fait la part belle aux stars du championnat local. Entre les perches, c'est Jung Sung-ryong, le dernier rempart des Suwon Samsung Bluewings, sorte de FC Bruges du football est-asiatique, au passé continental glorieux mais privé de titre depuis 2008.

Derrière, la défense centrale s'articule autour des jeunes Hong Jeong-Ho et Kim Young-Gwon. Le premier évolue dans le modeste club national de Jeju, tandis que le second a tenté la grande aventure chinoise sous les couleurs du club de Ghuanzhou, entrainé par un certain Marcelo Lippi, champion du Monde 2006 avec l'Italie, et formation majeure du continent asiatique.

Les flancs de la défense sont occupés par Park Joo-Ho, latéral gauche de Mayence, et Lee Yong, qui squatte le reste de l'année le côté droit de l'arrière-garde d'Ulsan.

L'entrejeu continue à faire la part belle aux jeunes joueurs, avec le très solide Ki Sung-Yueng, quasi incontournable dans l'entrejeu de Sunderland à 24 ans à peine, après une pige d'un an à Swansea et plusieurs années de l'autre côté du Mur d'Hadrien pour le compte du mythique Celtic Glasgow. À ses côtés, c'est un autre joueur de 24 piges, Park Jong-Woo (Busan), qui fait parler ses trois poumons.

Car la créativité, c'est sur les flancs qu'elle se trouve. Avec le capitaine Lee Chung-Yong d'abord, et ses quatre assists pour le compte de Bolton dans l'antichambre de la Premier League depuis le coup d'envoi de la saison. Et avec Son Heung-Min surtout, qui comme beaucoup de joueurs asiatiques a pris le chemin de la Bundesliga pour se révéler aux yeux de l'Europe. Un choix gagnant, puisqu'après trois saisons menées crescendo du côté d'Hambourg, il a décroché un bon transfert pour Leverkusen, où il découvre la Ligue des Champions tout en continuant à planter régulièrement le samedi après-midi.

Devant, le buteur d'Arsenal (ou plutôt de l'équipe réserve d'Arsenal, vu qu'il réussit la prouesse de totaliser moins de temps de jeu que Thomas Vermaelen) Park Chu-Young voit sa place menacée par son absence de matches officiels, même s'il a terminé la campagne qualificative avec six buts, soit un de plus que son compère Lee Keun-Ho, véritable star du championnat sud-coréen.

 

L'homme à suivre : Lee Keun-Ho

Avec quelques années de plus au compteur que cette jeune génération dorée qui rêve d'Europe, Lee, 28 ans déjà, n'a jamais quitté l'Asie en une dizaine d'années de carrière. Pas faute d'avoir essayé, puisque le joueur a passé des tests à Wigan Athletic et même au PSG époque pré-qatari.

Mais au final, Lee Keun-Ho s'en moque pas mal. Au pays, il est adulé pour sa vision du jeu, mais aussi son sens du but et son jeu de tête très intéressant malgré son mètre 76. Des qualités qui lui permettent de frapper à la porte de la sélection dès 2007, à l'occasion des qualifications pour les Jeux de Pékin. Il faut dire que le joueur y avait mis du sien, avec deux places successives dans l'équipe-type du championnat sud-coréen en 2007 et 2008, sous les couleurs du FC Daegu.

Auréolé de ce nouveau statut, le joueur rejoint le plus prestigieux championnat japonais est le Jubilo Iwata. Une première saison réussie, puis deux désillusions qui le ramènent à la raison et au pays, sous les couleurs du FC Ulsan. Là, Lee s'éclate à nouveau, et réalise une année 2012 exceptionnelle où il remporte une Ligue des Champions asiatique dont il est élu meilleur joueur, et gratte du même coup le trophée de Footballeur asiatique de l'Année.

Des performances de haut niveau qu'il reproduit avec les Diables rouges, claquant cinq buts sur la difficile route du Brésil. Une sacrée prouesse pour un mec qui, même à l'approche de la trentaine, continue d'arborer fièrement des cheveux blonds peroxydés et une coupe de danseur de tecktonik. Voilà qui devrait lui donner un sujet de conversation avec Toby Alderweireld lors de ses errances sur le côté gauche, puisque son rôle de soutien de l'attaquant de pointe lui permet de dézoner à souhait pour trouver de l'espace dans les intervalles devant la défense.

 

Ils ont galéré, ils ont failli se faire sortir par l'Ouzbékistan, mais ils sont passés

On pourrait croire que les qualifs dans la zone Asie sont une sinécure, mais ça n'a pas été le cas pour les Sud-Coréens. Choi Kang-hee en a fait l'amère expérience, lui qui a sauté de son poste de sélectionneur en cours de route.

La première partie du chemin a pourtant été parcourue sans trop de soucis. Il faut dire qu'avec le Liban, le Koweit et les Émirats arabes unis, l'opposition n'était pas des plus saignantes, d'autant plus qu'aucun cheikh n'est monté sur le pré pour dire sa façon de penser à l'homme en noir. Les Guerriers Taegeuk ont commencé par un 9 sur 9 avant de se faire surprendre au Liban. Pas de quoi paniquer, puisque la qualif était assurée quelques mois plus tard, après un succès face au Koweit.

Place alors à la deuxième phase, où il fallait se classer parmi les deux premiers d'un groupe de six nations pour s'assurer une place au Brésil sans passer par la case barrages. Avec l'Iran, l'Ouzbékistan, le Qatar et le Liban dans la poule, les Diables rouges faisaient office de favoris. Pourtant, une nouvelle contre-performance à Beyrouth et surtout deux défaites face à l'Iran ont failli coûter très cher à la Corée du Sud, qui n'a finalement devancé l'Ouzbékistan que d'un goal à la différence de buts. Qualif' en poche, donc, et barrage over-sexy pour les fans du ballon rond entre la Jordanie et les Ouzbeks (tout ça pour finalement se faire taper par l'Uruguay).

 

Les huitièmes sinon rien

Évidemment, la Corée du Sud aura beaucoup de mal à reproduire son exploit de 2002, le public et les arbitres n'étant plus là pour faire office de douzièmes hommes. Reste que les autres Diables rouges seraient très déçus s'ils ne passaient pas l'écueil de la phase de poules. Après tout, ils avaient atteint les huitièmes en 2010, laissant les Nigérians et les Grecs à quai pour prendre le sillage de l'Argentine. Et la bande à Hong ne se voit pas suivre une autre voie l'été prochain.

Nos partenaires de BetFirst ne sont pas du même avis, puisqu'ils ne cotent les Coréens qu'à 10 contre 1 pour la première place du groupe, loin derrière les Diables et la Russie. Nul doute que les Guerriers Taegeuk auront à coeur de leur donner tort, et de rappeler aux Diables rouges made in Belgium que leur dernière rencontre mondialiste s'était soldée par un match nul surprise. Côté belge, on préférera sans doute se remémorer que l'année suivante, Sandy Martens avait claqué un doublé face aux Sud-Coréens en amical. Il jouait alors à La Gantoise. Un peu comme si Christophe Lepoint mettait deux buts le 26 juin prochain.

Guillaume Gautier

20:59 Écrit par tackle on web dans Diables Rouges, Les équipes de la Coupe du monde, MONDIAL 2014, PORTRAITS, VIDÉOS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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