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20/11/2013

Débrief tactique: le 4-3-3 sinon rien

528cb7143570386f7f300875.jpgLes Diables rouges restent sur deux défaites et les tests effectués par Wilmots n'ont pas aidé ses hommes face au Japon. Quelles conclusions tirer de ce match ? Peut-on retirer quelques éléments positifs de ces deux amicaux ? Quels enseignements pour l'avenir ? Tentative de réponse dans notre débrief tactique.


Les amicaux sont là pour effectuer des tests et le sélectionneur en a profité, sans succès pour cette fois. Il faut donc en tirer des conclusions rapidement car le mondial approche à grands pas. Dans son fidèle 4-3-3, la Belgique a proposé une première mi-temps de haut niveau face à la Colombie avant de laisser filer le match sur une erreur défensive inhabituelle et un changement tactique (le passage en 4-4-2) suicidaire. Simple erreur de parcours ou véritable leçon ? Wilmots a eu la réponse face au Japon : il sera difficile de délaisser le 4-3-3 contre des adversaires de haut niveau.

Hazard, un ailier, pas un meneur

 

Depuis son arrivée à la tête de l'équipe nationale, Marc Wilmots a priviliégié le 4-3-3 avec le succès que l'on connait. Un système dont Axel Witsel est la pierre angulaire. Un test intéressant, comme nous le suggérions ce lundi (cliquez ici pour relire l'article), serait d'écarter Witsel de l'équipe afin de mettre à l'épreuve cette disposition sans son homme-clé (qui pourrait se blesser ou être suspendu pendant le mondial).

 

Le sélectionneur a décidé d'effectuer un essai différent face au Japon, en passant du 4-3-3 au 4-2-3-1. Dembélé et Witsel (aligné exceptionnellement un rien plus haut, laissant Moussa évoluer devant la défense) se chargeaient de la récupération pour laisser le rôle d'électron libre à Hazard. Sur le papier, cela faisait saliver. Sur le terrain, force est de constater que ça marche moins bien que prévu. Comme ce fut déjà le cas les rares fois où il a évolué dans l'axe avec Chelsea, notamment sous Di Matteo et Benitez, Eden a souffert de l'embouteillage présent dans le cœur du jeu. L'ex-Lillois est plus à l'aise lorsqu'il bénéficie d'espaces pour amorcer ses offensives et ainsi prendre de la vitesse, avant d'éventuellement pénétrer dans l'axe.

 

En perte de balle, le n°10 des Diables avait le loisir de travailler un peu moins que d'habitude. Il l'a tout de même bien fait sur le but d'ouverture de Mirallas, puisqu'il avait échangé de position avec Dries Mertens le temps d'une offensive. Hazard a ainsi couvert le flanc gauche, aidant Vermaelen à intercepter le cuir pour relancer Mertens dans un rôle axial. Le joueur de Naples trouvait alors joliment Lukaku dans la profondeur, qui faisait la différence tout en vélocité et avec la bénédiction de Kawashima.

 

 

Pour la défense d'Eden, nombreux sont les joueurs à être en difficulté lorsqu'ils occupent la position de n°10 dans un 4-2-3-1. Nasri (et les nombreux Bleus testés par Deschamps dans ce rôle) s'était ainsi planté lors du match à Kiev. Résultat, le sélectionneur français était repassé en 4-3-3 ce mardi soir. Même un joueur de la trempe d'Andres Iniesta évolue en n°8 plus qu'en n°10 à Barcelone, préférant travailler en perte de balle et amorcer les actions blaugrana de loin, dézonant parfois sur les flancs, plutôt qu'affronter la surpopulation présente devant le rectangle adverse.

 

 


On était pourtant prévenu !

 

Au-delà de la difficulté de trouver le bon n°10, le 4-2-3-1 exige une plus grande discipline défensive. Dembélé a ainsi perdu plusieurs ballons et Vermaelen a dû surgir plus d'une fois de sa défense pour intercepter la gonfle. Qu'à cela ne tienne, les véritables incursions nippones ont quasiment toutes été récompensées par un froid réalisme et une grande capacité à faire passer nos défenseurs pour des poteaux. Vifs sur les premiers mètres, les attaquants japonais ont mis en difficulté les Diables par des combinaisons courtes et des mouvements efficaces avec et sans ballon. Wilmots avait pourtant mis en garde ses troupes !

 

Sur le but égalisateur, le temps de retard de Mertens au moment de couvrir le flanc gauche fut assassin. Son opposant trouvait un Kakitani quelque peu délaissé par Van Buyten, qui le collait pourtant parfaitement au départ de l'action. Sur le deuxième pion nippon, Dembélé changeait d'homme en pleine phase de jeu, laissant Endo se balader entre les lignes pour trouver Honda qui ne se faisait pas prier. Enfin, sur le 1-3, Fellaini avait un temps de retard à la base de l'action tandis que Vertonghen était cloué sur place par Okazaki à la conclusion.

 

 

Dominer l'entrejeu, un impératif

 

Ce statisme en défense aurait coûté cher dans n'importe quel système de jeu mais il est d'autant plus assassin lorsque l'adversaire peut s'approcher plus facilement du but, à la faveur d'un entrejeu dépeuplé. Car le Japon évoluait dans un 4-3-3 où Honda prêtait régulièrement main forte dans le cœur du jeu, contrairement à Hazard qui était aligné dans le dos de Lukaku.

 

A l'instar du 4-4-2, le 4-2-3-1 semble pour l'instant difficile à assimilier pour les Diables. D'abord parce qu'il coupe l'équipe en deux en perte de balle et permet à l'adversaire de s'approcher du but facilement, là où le 4-3-3 permet de faire bloc à environ 30 mètres du but tout en fermant les espaces (comme à Zagreb ou face à la France en amical). Ensuite parce qu'il est contre-productif sur le plan offensif : que ce soit Hazard en 10 ou Benteke en 9 et demi derrière Lukaku, les deux hommes perdent de de leur impact et leur positionnement prive Witsel de solutions dans le jeu court, à la relance.

 

En conclusion, on remarque que le bloc-équipe mis en place rapidement par Wilmots s'est dispersé au cours des trois dernières mi-temps disputées par les Diables. La bonne nouvelle, c'est qu'on connait la solution et que les joueurs capables de l'appliquer sont nombreux : Witsel, Defour, Fellaini, Dembélé, Chadli et De Bruyne ont tous montré qu'ils pouvaient remplir des rôles différents dans le milieu de terrain. Wilmots l'a d'ailleurs dit dès la fin du match, au micro de RTL : "on ne fera plus de changements, une équipe de base va se mettre en place". Witsel ne verra pas la couleur du banc de touche de sitôt !

Nicolas Christiaens

17:38 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Diables Rouges | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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