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14/11/2013

Suède-Portugal : tête d'affiche des barrages

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Troisième et avant-dernier volet de notre série consacrée aux barrages de la zone Europe en vue de la Coupe du Monde 2014. Place aujourd'hui à l'affiche incontestée et incontestable de ces doubles confrontations : Suède-Portugal.

Après avoir croisé le fer au cours des qualifications pour l'édition 2010, les deux nations se retrouvent, quatre ans plus tard, pour obtenir l'un des quatre derniers tickets européens. Cette confrontation offrira également un match dans le match entre deux des meilleurs joueurs de la planète : Zlatan Ibrahimovic et Cristiano Ronaldo. A l'issue des deux fois 90 minutes, voire plus, l'un des deux manquera ce prestigieux rendez-vous qu'est le Mondial. Comment dit-on "crime de lèse-majesté" en Suédois ou en Portugais ?


Les enjeux

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Du côté suédois, cette double confrontation revêt d'une importance capitale. Déjà barrés par les Portugais sur la route vers l'Afrique du Sud il y a quatre ans (derrière le Danemark, les Portugais finissaient deuxième du groupe 1, un point devant la Suède), les Suédois, en quête d'une douzième qualification pour le Mondial, ne peuvent se permettre de faire l'impasse pour la deuxième fois d'affilée sur la plus grande des compétitions, qu'ils ont terminée trois fois sur le podium (3èmes en 1950 et en 1994, vice-champions en 1958 chez eux).

Le cas échéant, cela pourrait signifier que Zlatan Ibrahimovic ne marquerait jamais un but en phase finale de Coupe du Monde. Remplaçant lors de l'édition 2002, blessé en 2006, non-qualifié en 2010, le grand Zlatan ne doit même pas imaginer cette probabilité. Mais, à 32 ans, le buteur du Paris Saint-Germain dispose ici d'une (dernière ?) cartouche pour faire parler la poudre en Coupe du Monde.

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Hormis un accroc en 1998, où il n'était pas du voyage en France, et en 2002 lorsqu'il était prématurément renvoyé en péninsule ibérique, le Portugal a toujours, depuis 1996, franchi le premier écueil d'une compétition internationale. Huitièmes de finaliste du Mondial 2010, quarts de finaliste des Euro 1996 et 2008, demi-finalistes aux Euro 2000 et 2012, quatrièmes de la Coupe du Monde 2006 et finalistes de leur Euro en 2004, les Lusitaniens, à la recherche d'une sixième qualification en phase finale de Coupe du Monde, ne croient pas en un scénario autre qu'une huitième qualification consécutive pour une compétition internationale.

Dans le cas contraire, la désillusion serait énorme pour Cristiano Ronaldo et les siens. Le meneur de jeu du Real Madrid et de la Selecção serait dans l'obligation de suivre la compétition à la maison. Et ce, alors qu'il évolue, de haut de ses 28 ans, à son meilleur niveau. Une élimination au terme de ces barrages pourrait être encore plus difficile à avaler pour Ricardo Costa, Bruno Alves et Hélder Postiga. Âgés respectivement de 32, 31 et 31 ans, ces trois joueurs sont plus proches de la fin de carrière que du début. Ils auront à cœur de mener leur équipe au Brésil pour y disputer une (probable) dernière Coupe du Monde.

Retour sur les qualifs

Derrière l'intouchable Allemagne, la Suède a bataillé ferme face à une autre équipe germanique, l'Autriche, pour obtenir le droit de disputer les barrages. Dans le groupe C, les Scandinaves ont glané leur accession aux barrages le 11 octobre dernier en battant les Autrichiens 2-1.

Tout avait bien commencé pour les Nordiques avec deux victoires en deux rencontres, contre le Kazakhstan (2-0) et aux Îles Féroé (1-2). Ils ne laissaient pas l'Allemagne s'échapper. Des Allemands qu'ils tenaient même en échec à Berlin pour le compte de leur troisième rencontre. Dans un match au scénario incroyable, les Suédois arrachaient le partage (4-4) à la 93ème après avoir été menés 4-0.

L'équipe d'Erik Hamrén ne le savait pas encore, mais son parcours allait se compliquer. Il fallait attendre la sixième journée pour voir les Suédois renouer avec le succès. Après un partage contre l'Irlande (0-0) et une défaite à Vienne face à l'Autriche (2-1), les Blågult s'imposaient 2-0 face aux Îles Féroé. Après six journées, la Suède devait partager la deuxième place du groupe avec l'Autriche et l'Irlande (11 points sur 18), à cinq points de l'Allemagne, leader autoritaire.

Trois journées et trois victoires plus tard (en Irlande 1-2, au Kazakhstan 0-1 et face à l'Autriche 2-1), les Suédois s'assuraient la deuxième place du groupe en s'imposant face à leur opposant autrichien. Menés 0-1 sur un but de Martin Harnik, les Scandinaves, sous la houlette de Zlatan Ibrahimovic, passeur pour Martin Olsson sur le 1-1 et buteur sur le 2-1, faisaient preuve d'une grande force de caractère pour s'imposer 2-1. Sans enjeu, l'ultime rencontre contre l'Allemagne était tout aussi spectaculaire qu'à l'aller. Huit buts furent, de nouveau, inscrits mais l'Allemagne s'imposait cette fois 3 buts à 5.

De son côté, le Portugal a espéré jusqu'à la dernière journée pouvoir directement composter son billet pour le Brésil. Seulement voilà, la Russie n'a pas craqué dans le sprint final et envoyait les Lusitaniens à Zurich pour le tirage au sort des barrages.

Dans le groupe F, le Portugal entamait sa campagne, telle la Suède, par deux succès. 1-2 au Luxembourg et 3-0 contre l'Azerbaïdjan. La troisième journée offrait à la Selecção un duel face à l'autre favori du groupe : la Russie. Un but d'Aleksandr Kerzhakov propulsait les Russes en tête et semait le doute dans l'esprit des Portugais. Ces derniers enchaînaient deux partages, en Irlande du Nord (1-1) et face à Israël (3-3). La manière n'y était pas, et il s'en fallait de peu pour que les Lusitaniens ne terminent ces rencontres bredouilles. Après un succès 1-0 face à la Russie en juin dernier, l'équipe de Paulo Bento menait la danse dans ce groupe F, 2 points devant les Russes et 3 devant Israël qui comptaient, respectivement, deux et une rencontre de moins que les Portugais.

Dans un match d'alignement disputé au milieu du mois d'août, les Russes s'inclinaient 1-0 de manière surprenante à Belfast face à l'Irlande du Nord. Une défaite qui poussait les Lusitaniens à croire de nouveau en la qualification directe.

En septembre dernier, malgré un succès 2-4 chez ces mêmes Nord-Irlandais, la Selecção était dépossédée de la première place par la Russie qui, en l'espace de 4 jours, s'imposait 4-1 face au Luxembourg et 3-1 contre Israël. Le 11 octobre, tandis que les Russes disposaient facilement du Luxembourg (0-4), le Portugal perdait deux précieux points à Lisbonne. La faute à Ben Basat qui égalisait pour Israël en fin de rencontre, bien aidé par un dégagement des plus approximatifs de Rui Patricio. Deux points perdus sans lesquels le Portugal se serait directement qualifié. La dernière journée voyait en effet les Russes être tenus en échec en Azerbaïdjan tandis que les Lusitaniens s'imposaient 3-0 face à nos voisins luxembourgeois.

Avec un point de moins que les Russes, le Portugal est contraint, pour la deuxième fois consécutive, de passer par les barrages pour espérer se qualifier pour le Mondial. Il y a quatre ans, la bande à Cristiano Ronaldo avait émergé de sa double confrontation face à la Bosnie-Herzégovine grâce à deux succès 1-0.

Si les Suédois loupent le mondial, il nous manquera

Enfilant les buts comme des perles, tant au Paris Saint-Germain qu'en sélection nationale, Zlatan Ibrahimovic ne s'imagine pas passer à côté de la qualification. Outre une grande déception pour tout un peuple, c'est le joueur qui verrait (probablement) sa dernière opportunité de disputer un Mondial lui passer sous le nez. Capable de changer le cours d'un match à lui tout seul, le serial buteur de 32 ans aurait 36 balais à l'horizon 2018. Un âge fort avancé pour un joueur de football.

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Les cas sont rares mais certains ont pourtant pris part à une phase finale de Coupe du monde plus âgés. Double champion du Monde, le Brésilien Cafu, 36 ans et miné par des blessures à répétitions, est convoqué pour participer au Mondial allemand en 2006. Champion du Monde en 1990, l'Allemand Lothar Mattäus participa, à 37 ans, au Mondial 1998 pour pallier à la blessure de Matthias Sammer. Le gardien italien Dino Zoff a disputé le Mondial 1978 à l'âge de 36 ans et fut sacré champion à l'âge de 40 ans en 1982. La palme revient au Camerounais Roger Milla. Âgé de 38 ans, il menait Les Lions Indomptables dans une épopée épique lors de l'édition 1990. Le Cameroun tombait finalement face à l'Angleterre en quarts de finale. Plus fort encore, en 1994, alors qu'il était âgé de 42 ans, Milla devenait le buteur le plus âgé de l'histoire de la Coupe du Monde, en inscrivant le seul but des siens lors de la défaite 6-1 face à la Russie. Comment ne pas mentionner également Daniel Van Buyten et Timmy Simons ? Les deux Diables rouges seront respectivement âgés de 36 et 37 ans lors du voyage au Brésil. En effet, s'ils ne sont pas blessés, on imagine mal Marc Wilmots se passer de leur expérience.

Si les Portugais loupent le mondial, il nous manquera

Côte portugais, on ne veut pas revivre la désillusion de la qualification manquée pour le Mondial 1998. Une telle issue serait vécue comme un traumatisme. Un traumatisme d'autant plus grand pour un joueur, Cristiano Ronaldo. Le meneur de jeu du Real Madrid est en pleine force de l'âge et une non-qualification représenterait l'une des plus grosses déceptions de sa carrière. Peut être pas à l'image de ses larmes versées au terme de la finale perdue à l'Euro 2004, qui l'avait révélé au grand public, mais quand même une sacrée déception.

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Carburant à la moyenne effarante de 1.41 but en moyenne par match depuis le début de saison, l'ancien joueur du Sporting Portugal et de Manchester United joue actuellement à son meilleur niveau et rêverait de mener ses compatriotes vers les sommets mondiaux. L'émulation avec Lionel Messi, son rival argentin du FC Barcelone, y jouant probablement un rôle. Le petit argentin est déjà assuré de participer au Mondial brésilien avec l'Argentine et l'on imagine mal CR7 laisser Leo éblouir la planète en l'absence du Portugais. D'autant qu'une affiche Portugal-Argentine avec ces deux hommes aurait fière allure. A une seule reprise, les deux capitaines se sont affrontés sous les couleurs nationales (1-2 pour l'Argentine en février 2011). Depuis, de l'eau a coulé sous les ponts. Une opposition en Coupe du Monde entre les deux meilleurs joueurs de la planète serait probablement différente que les sempiternels Clásico Barça-Real. Des rencontres au cours desquelles les deux stars sont mises sous l'éteignoir par les défenses adverses les connaissant trop bien. Un "mini-Clásico", opposant leurs nations respectives, offrirait plus d'espace et de liberté aux deux hommes.

Évoluant aujourd'hui à un niveau incroyable et affolant toutes les statistiques, l'idée de ne pas participer au Mondial brésilien n'a probablement pas effleuré l'esprit de Cristiano Ronaldo. Cette possibilité est pourtant bien réelle. Le cas échéant, il serait l'un des grands absents de cette vingtième Coupe du Monde et laisserait le champ libre à son plus grand rival, Lionel Messi, de faire parler de lui sans pouvoir répondre aux probables coups de génie de l'Argentin. Néanmoins, un échec lors de ces barrages ne serait que partie remise pour CR7 qui pourra encore tenter crânement sa chance au Mondial 2018.

Le pronostic

Établir un pronostic, entre ces deux nations qui font partie de la crème du football européen et mondial, ne fut pas une sinécure. A fortiori lorsque l'on compare les effectifs et les parcours relativement similaires des deux équipes. La Suède pourrait néanmoins tirer profit d'un collectif bien huilé autour de Zlatan Ibrahimovic, face au Portugal où les égos s'entrechoquent.

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Qualitativement parlant, un avantage en termes d'individualités est à noter du côté des Portugais. Des joueurs tels que Cristiano Ronaldo, Nani, Hélder Postiga ou encore Fábio Coentrão peuvent faire la différence sur une action individuelle. En revanche, bien que disposant de Zlatan Ibrahimovic, capable de réaliser une action incroyable dont il a le secret, la Suède semble disposer d'une cohésion et d'une homogénéité plus importantes.

Si l'on s'attarde sur la physionomie des matches de qualification disputés par les deux équipes, on remarque que chacune des deux nations a souvent été mise en difficulté, pour finalement arracher un ou trois points en fin de rencontre. Côté suédois, ce fut le cas aux Îles Féroé, en Allemagne, en Irlande et contre l'Autriche tandis que le Portugal a souffert au Luxembourg, en Israël et deux fois contre l'Irlande du Nord.

Les statistiques des deux équipes sont également incroyablement proches. Au terme des 10 matches de qualification, le Portugal comptait 21 points sur 30 contre 20 aux Suédois. Les deux nations ont chacune marqué lors de neuf rencontres et ont gardé quatre fois le 0 derrière. Neuf joueurs suédois ont trouvé au total 19 fois le chemin des filets, tandis que les huit buteurs portugais de cette campagne ont trompé la vigilance adverse une fois de plus. Attention toutefois côté suédois sur le plan défensif. Ce ne sont pas moins de 14 buts que l'arrière-garde scandinave a concédés, contre seulement 9 buts encaissés par les Portugais. La défense suédoise a notamment montré des errances flagrantes lors du dernier match contre l'Allemagne.

Il existe 15 antécédents de confrontations entre la Suède et le Portugal. Sur ces 15 rencontres, les Scandinaves se sont imposés à six reprises, contre trois succès lusitaniens et six matches nuls. Néanmoins, la dernière victoire suédoise remonte à 1984 lors des qualifications pour le Mondial mexicain de 1986 (1-3). Depuis, ce sont cinq matches nuls et deux victoires portugaises, la dernière en date lors d'un match amical en 2002 (2-3). Les résultats les plus récents sont deux matches nuls blancs dans le cadre des qualifications pour la Coupe du Monde en Afrique du Sud.

Ce florilège de composantes extrêmement proches entre les deux équipes ne pourrait mener que vers deux rencontres des plus serrées, avec prolongations et séance de tirs au but aisément envisageables. Il est donc très difficile de prédire l'issue de ce double affrontement. Mais, un collectif bien huilé et l'avantage du terrain lors de la manche retour pourrait jouer en faveur des Suédois, qui ont souvent réussi des rencontres incroyables devant leurs supporters.

Louis-Paul Eggen

11:19 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, International, MONDIAL 2014, Rédaction | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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