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01/09/2013

Wilfried Bony, le flingueur d'ébène

5218d02e35706c46e236f960.jpgL'Ivoirien de 24 ans pourrait être la révélation cette saison en Premier League. A Swansea, sous la houlette de Michael Laudrup et aux côtés de Michu, il espère poursuivre sa progression à pleine Vitesse commencée du côté des Pays-Bas.


Entre la saga Bale et les mercatos foireux d'Arsenal et Manchester United, l'arrivée de Wilfried Bony à Swansea n'a pas fait beaucoup de bruit. Pourtant, l'ancien buteur de Vitesse Arnhem a posé ses bagages en Angleterre avec de solides stats. En effet, l'Ivoirien a tout simplement explosé les défenses néerlandaises la saison dernière. Trente matches, 31 buts, des chiffres qui rendent le titre depichichi hollandais de Björn Vleminckx bien pâlot.

Transféré au pays de Galles pour 13.9 millions d'euros, la perle africaine débarque avec une étiquette de plus gros transfert du club sur le dos. Pas une mince affaire à gérer pour ce joueur aux larges épaules, qui évolue dans un grand championnat pour la première fois de sa carrière. Mais le néo-Swan n'en a cure: à 24 ans, il est là pour marquer. Les goals et les esprits. Ca tombe bien il a déjà fait montre de ses talents de buteur face à Manchester United. Après avoir traumatisé les gardiens de trois pays, Will attend beaucoup du challenge qui s'offre à lui en Angleterre. Son but ? Faire aussi bien que son illustre prédécesseur Didier Drogba, voire mieux. Tout un programme...


Star Academy

Comme la plupart de ses compatriotes, c'est dans la rue que Bony fourbit ses armes. Une école qui lui permet de fluidifier sa technique et d'affiner son toucher de balle. Coup de pot, c'est un colosse. Plus proche du gabarit de Romaric que de Gervinho, peu osent défier le Will. Mais pour réussir en Europe, il en faut plus. Le sens tactique, le comportement professionnel, c'est à l'Académie de Cyril Domoraud que le jeune homme va l'acquérir. Dans l'école fondée par l'ancien défenseur de Marseille et de l'Inter, il se Bony-fie durant 3 ans.


En 2006, on l'estime bon pour le service pro. Il vient d'avoir 18 ans et file à Issia Wazi. A peine sorti de la puberté, il débute sa carrière de footballeur dans un club du ventre mou du championnat local. On est donc bien loin du street soccer des rues de Bingerville, berceau du gaillard. Il ne passe qu'une seule saison dans l'ouest du pays, le temps d'apprendre la rudesse du foot entre hommes. Pour lui, le salut ne viendra qu'avec un départ en Europe. Le gamin voit grand et tente sa chance à Liverpool. C'est un bide. Il n'est pas retenu par le club, alors dirigé par Rafael Benitez. Qu'à cela ne tienne, Bony a du talent et veut réussir. "Pendant trois semaines, je me suis entraîné avec des joueurs comme Gerrard, Crouch, Zenden, Pennant…", déclare-t-il à Jeune Afrique"Il n’y a pas eu de suite, mais cela m’avait encore plus motivé à l’idée de venir jouer en Europe." Il s'accroche et obtient un billet pour le Vieux continent. La destination est toutefois moins glamour que le prestigieux championnat anglais. Ses débuts européens, Will les fera en République tchèque, au Sparta Prague, où il est prêté fin 2007. 

 

 

Bohemian Rhapsody

Avant de faire sa joyeuse entrée dans le noyau A, Bony tâte le cuir dans l'équipe B "dans des stades presque vides", où il est prêté par Issia. Comme par magie, tout ce que touche Bony se transforme en or dans la Ville dorée. Il n'a besoin que de quelques mois pour convaincre les dirigeants du Sparta de miser sur lui. Ceux-ci s'empressent de monnayer son transfert définitif. La caisse d'Issia gonfle de 250.000 euros et le vestiaire tchèque d'un buteur hors-pair. Le coup du siècle pour le club le plus prestigieux de la capitale, qui s'offre une nouvelle version de Drogba pour une bouchée de pain. 

Le passage à l'équipe première se fait sans problème pour Bony, qui poursuit sur les mêmes bases qu'avec la réserve. En une demi-saison, il joue 16 matches et plante 3 buts. Pas mal pour un jeune de 20 ans, qui doit encore s'acclimater à une nouveau style de vie. La saison suivante, il en met neuf, termine meilleur buteur du club et champion national. Une performance d'autant plus remarquable que le jeu tchèque est loin d'être une partie de plaisir pour un attaquant. "Le jeu est très dur et très défensif", analyse-t-il fin 2010. "Quand les équipes viennent ici ou que nous nous déplaçons, les équipes ferment sans arrêt le jeu". La rançon de la gloire quand on évolue pour l'équipe la mieux cotée du pays.

Dans la foulée de ce succès, il découvre la scène européenne... et inversement ! La trentaine de buts lâchée en moins de 80 matches le place dans le viseur des clubs d''Europe occidentale et du sélectionneur de la Côte d'Ivoire. 

 

Sur les traces de Drogba

En octobre 2010, il est appelé pour la première fois chez les Éléphants par François Zahoui. Voila le jeune homme de 21 ans à peine qui se retrouve à côtoyer Didier Drogba, Gervinho, Arouna Koné et Salomon Kalou. Autant de "grands frères" qui sont également des rivaux de taille au sein de l'attaque ivoirienne. Un mec solide sur ses appuis, costaud et qui possède le sens du but, Zahoui l'a déjà, en la personne de Drogba. Mais le king de Chelsea n'est pas éternel. Tout le pays le sait, d'Odienné à Abidjan. Raison de plus pour le coach de déjà préparer la succession de la légende du foot africain. 

En attendant le passage de témoin, Bony doit s'aguerrir. Claquer des buts en Tchéquie, c'est bien. Faire fructifier son statut du goleador des bords de la Vltava, acquis en même temps d'un titre de champion et une Supercoupe, c'est mieux. Après trois ans passés dans la capitale tchèque, Wolfsburg, Hanovre, Saint-Etienne, Lens et Toulouse flairent le bon coup. Mais contre toute attente, c'est finalement Vitesse Arnhem qui convainc les dirigeants tchèques. "Il y a des gens qui étaient étonné de ma décision, mais j’ai eu raison", déclare-t-il en 2013. "Je voulais progresser tactiquement, techniquement, dans un championnat réputé pour être offensif." Les Néerlandais offrent 4 millions d'euros au Sparta. Prague accepte et revend ainsi son attaquant pour 16 fois son prix. Vitesse ne le sait pas encore, mais le club réalisera lui aussi une affaire en or massif avec Bony. 

 

 

Une progression à Vitesse grand V

Bony met le cap sur l'est des Pays-Bas en janvier 2011. Une nouvelle année, un nouveau championnat... mais des performances qui restent à l'avenant. En Eredivisie, l'Ivoirien est comme un poisson dans l'eau. Le jeu porté vers l'avant et le marquage parfois approximatif des défenses bataves lui permettent d'exprimer son talent. Habile des deux pieds, doté d'un sang-froid hors du commun devant le but, personne ne résiste aux coups de semonce de l'Ivoirien. Quinze ans après Roy Makaay (et 10 après Bob Peeters...), le club d'Arnhem se retrouve un attaquant capable de transpercer n'importe quelle défense. L'Ajax, Feyenoord, le PSV, Heerenveen, aucun club néerlandais ne résiste à la puissance de cet avant solidement campé sur ses quilles.

Avec une telle perle sur le front de son attaque, Vitesse, alors dirigé par John van den Brom, accède à la 7e place du classement. Une performance inédite en 7 ans. De plus, le club retrouve l'Europe, près d'une décennie après sa dernière participation. Si l'aventure tourne court (défaite en qualifs contre les nouveaux riches de l'Anzhi), cette accession à l'Europa League donne de la vigueur à un effectif désormais entraîné par Fred Rutten. Sous sa houlette, quelque chose va exploser au Gelredome: Wilfried Bony. 

Premier match contre l'ADO La Haye, premier but. Comme le présage d'une saison qui verra le joueur en planter encore 30 en championnat. Un doublé contre l'Ajax, contre La Haye (décidément...) et Nimègue, un triplé contre Heerenveen et Heracles Almelo, des buts cruciaux contre Feyenoord, des buts, des buts, toujours des buts. Inarrêtable, Bony s'offre même le luxe de partager le podium des meilleurs buteurs européens avec Lionel Messi et Cristiano Ronaldo. Normal quand on plante plus d'un goal par match, comme les deux ténors de la Liga. La distribution hebdomadaire de jetons offerte par Bony permet à Arnhem d'atteindre la 4e place et de se qualifier pour l'Europa League. Un cadeau d'adieu de l'Elephant au public qui l'a tant chéri.

 


Le chant du cygne

Après cette saison stratosphérique, Bony a l'embarras du choix. Une fois de plus, il prend tout le monde à contre-pied en signant à Swansea. Le club gallois, entraîné par Michael Laudrup, sort d'une jolie saison. Avec une League Cup (et donc une qualification pour l'Europe) et une 9e place dans la poche, les Swans ont tiré le gros lot, au nez et à la barbe de Chelsea, Monaco et plusieurs clubs italiens. Bony, lui, doit justifier la somme mise sur sa tête, quasiment 14 millions d'euros. 

Mais les débuts sont difficiles: deux défaites face à United et Tottenham en championnat. De plus, il doit encore se faire un nom au Liberty Stadium. En effet, le public gallois a déjà son attaquant fétiche, en la personne de Michu, qui a lui aussi explosé les compteurs la saison précédente. Pourtant, Bony en est sûr, il est complémentaire avec l'Espagnol.  "Il est très important pour nous. Il m'aide car les défenseurs se concentrent sur lui et me laissent davantage de place", déclarait-il à Sky Sports. Et on le comprend ! Si Laudrup se décide à titulariser sa nouvelle recrue aux côtés du bel Asturien, on n'ose imaginer les dégâts que pourrait causer un tel duo. Entre l'art du placement de Michu, la force physique de Bony et le sens du but des deux compères, Swansea dispose assurément d'un des tandems les plus attrayants du championnat. Pour autant que le coach Danois fasse entièrement confiance à l'Africain, ce qui n'est pas encore le cas... 

Consolation pour Bony, son but face à ManU. Comme un éclair dans la grisaille, l'Ivoirien continue de marquer. C'est aussi le cas avec la sélection nationale. Première du groupe C de la zone  Afrique, la Côte d'Ivoire est d'ores et déjà qualifiée pour les play-offs comptant pour le Mondial 2014. Sur le continent noir, Will se montre aussi prolifique qu'en Europe. Sur 178 minutes jouées dans ces éliminatoires, il plante 3 pions, soit un but toutes les heures. Le tarif habituel, quoi.

16:38 Écrit par tackle on web dans ANGLETERRE, PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (1) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

Commentaires

superbe progression

Écrit par : michel | 09/12/2013

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