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02/08/2013

Roberto Soldado, un Che en Premier League

51fa915835705d93419b55e6.jpgComme Alvaro Negredo, l'un de ses concurrents, L'ancien espoir du Real Madrid a décidé de traverser la Manche. Il est le nouvel équipier de Chadli, Vertonghen et Dembélé dans un Tottenham ambitieux dont les caisses pourraient être sacrément gonflées en cas de vente de Gareth Bale.


Parmi cette pléthore de talents, on retrouve également Roberto Soldado. L’artificier de Valence, aussi discret en dehors du terrain que redoutable sur la pelouse, a choisi de quitter son Espagne natale. En effet, après avoir raté David Villa, finalement parti à l'Atletico Madrid, Tottenham n'a pas laissé filer l'attaquant du club Che. A 28 ans, Soldado entre donc dans les plus belles années de sa carrière. Des mois que ce Valencien pur jus compte bien faire fructifier à Londres. 


Victime galactique 

Malgré un passeport qui indique "Né à Valence, le 27 mai 1985", c'est bien à Madrid que Roberto Soldado apprend les bases de son futur job. Dès 15 ans, il rejoint le centre de formation du Real, la célèbre Fabrica. A peine pubère, il démontre ses qualités de buteur. Les années passent, les goals s'enchaînent, mais son séjour au sein de l'équipe B n'en finit plus. Et pour cause, Soldado arrive dans la Maison blanche au pire des moments pour un jeune, aussi prometteur soit-il. 

On est en pleine période Galacticos et le président Florentino Perez préfère s'acheter une équipe aux noms ronflants pour vendre des maillots plutôt que d'accorder sa chance au blé en herbe. Difficile pour un jeune homme de moins de 20 ans de dégager Raùl, Ronaldo ou Robinho de leur trône à l'avant. Surtout quand des joueurs de la trempe d'Antonio Cassano et Michael Owen passent eux aussi leur temps à cirer le banc. 

Une surface que le postérieur de Javier Portillo connaît bien. Contrairement à l'actuel attaquant d'Alicante, Soldado ne jouera qu'une toute petite saison dans le noyau A avant de quitter le navire. Mais contrairement à son collègue, il ne devra pas passer par Bruges pour relancer sa carrière. Après 2 titularisations et 11 apparitions sous le maillot merengue, il s'en va, fort de 63 buts inscrits en 120 matches. Quasiment tous avec l'équipe B. 


Pampelune, ses taureaux, son torero

En 2006, il est prêté à Osasuna qui sort d'une saison de rêve. Lors de l'exercice précédant l'arrivée de Soldado en Navarre, le club de Pampelune a atteint la 4e place, un record dans l'histoire du club. Tout profit pour Roberto, qui n'est donc pas condamné à évoluer dans un club de seconde zone pour glaner du temps de jeu. Mais la Liga suivante ne se passe pas comme prévu: Osasuna échoue à une piètre 14e place. 

Si en championnat le bilan est mauvais, Soldado se console avec ses stats persos. Il termine meilleur buteur du club avec 12 réalisations. Son sens du but, son jeu tout en technique et en mouvement, son sens du placement font merveille du côté des Rojillos. Plus rapide qu'un touriste aviné tentant d'échapper à un troupeau de taureaux enragés le jour de la San Fermin, il est un véritable poison pour les défenseurs adverses. En outre, Pampelune arrache un quart de finale en Copa del Rey et surtout une demi-finale en Europa League. Bref, Soldado n'est peut-être pas (encore) une star mondiale, mais il représente une force vive en terre espagnole. Il est désormais un attaquant suffisamment coté pour intéresser Luis Aragonès, sélectionneur de l'équipe d'Espagne. Le vieux sage offre sa première sélection à Soldado en 2007, lors d'une rencontre de qualif' pour l'Euro 2008 face à la Lettonie.

Malheureusement, cette belle saison au stade Reyno de Navarra ne convainc pas les dirigeants madrilènes. Certes, leur poulain revient au Bernabeu. Certes, Ronaldo est parti à Milan et Owen à Newcastle. Mais, dans l'intervalle, le Real a enrôlé Gonzalo Higuain, Javier Saviola et Van Nistelrooy. Le coup est... Ruud pour Soldado, qui va de nouveau devoir composer avec une féroce concurrence. Il ne parvient qu'à grappiller une demi-dizaine de matches, sans inscrire le moindre but. C'est largement insuffisant pour un garçon de 22 ans qui a prouvé ce qu'il avait dans les pieds. Après un appel d'offre en 2008, c'est Getafe qui décroche la timbale. Une timbale à 4 millions d'euros tout de même.



L'envol du loubard de banlieue

S'il n'a pas réussi chez les grands, Soldado revoit ses ambitions à la baisse après avoir signé un bail de 4 ans. A Getafe, il retrouve le ventre mou du classement, une réalité qu'il avait connue à Osasuna. Sous la direction de Victor Munoz, il retrouve ses sensations de goleador hors pair et redevient joueur de foot à temps plein. Il s'endurcit mentalement et exploite à 100% ses capacités techniques. Fin mai, lesAzulones se sauvent en D1... à un petit but près. Les 13 pions plantés par Soldado y sont assurément pour quelque chose. Pas franchement costaud (il fait 1,80m pour 72 kilos), mais véloce et surtout très adroit, il est le pion essentiel d'un effectif qui n'a pas encore révélé tout son potentiel.

La saison suivante, Getafe déjoue tous les pronostics et se qualifie pour l'Europe, fort d'une superbe 6e place. Une demi-finale de Copa del Rey vient parachever le tableau d'une saison idyllique du côté des banlieusards madrilènes. Ceux-ci se permettent même de terminer le championnat 3 places devant l'Atletico Madrid. Suprême insolence. A 25 ans, Roberto Soldado est devenu un homme et un buteur reconnu, grâce à ses 20 buts marqués en 30 matches. Une moyenne incroyable. Mais si son talent ne fait plus de doute, l'écrin dans lequel il évolue manque d'éclat. A l'issue de cet exercice parfaitement réussi, il signe pour un retour de 4 ans dans sa mère patrie, à Valence. Coût de l'opération: 10 millions d'euros. Le casse du siècle pour Getafe.

 

Je t'aime, moi non plus
 
La pression inhérente à un grand club, Soldado ne la connaît qu'à moitié. Au Real, il a dû se contenter du rôle d'éternel espoir et n'a pas vraiment goûté aux matches capitaux. C'est donc à Valence que le joueur découvre le top niveau. De plus, il a la lourde tâche de succéder à l'idole locale David  Villa, parti à Barcelone. Pas de quoi impressionner l'ami Bob, qui fait passer son compteur buts à 25 en 40 matches. Il faut dire qu'il est bien aidé par Juan Mata et Joaquin, passés maîtres dans l'art de l'assist. Avec de tels pourvoyeurs de caviars, difficile de passer à côté de la cible. 
 
En 2011-2012, il carbure à plus d'un but tous les deux matches sur l'ensemble de la saison. Laszlo Köteles se souvient encore de son coup du chapeau réalisé lors du 7-0 infligé par le club Che en Ligue des Champions. Cette régularité lui fait miroiter une place au sein de l'équipe nationale. Non sélectionné pour l'Euro 2008 (normal, il était encore un peu tendre), ni pour la Coupe du Monde 2010, l'Euro 2012 semble être pour lui. Entre un David Villa victime d'une grave blessure au tibia et un Fernando Torres qui fait le coup de la panne toutes les semaines à Chelsea, Vicente Del Bosque, son ancien coach à Madrid, aura forcément besoin d'un n°9 solide. D'autant plus qu'en février, Soldado a réalisé un match amical d'anthologie face au Venezuela, avec 3 buts en une mi-temps. L'heure de gloire se rapproche quand Del Bosque l'embarque dans sa liste de pré-sélectionnés. La chute est d'autant plus rude. Quelques jours plus tard, le couperet tombe: il devra une fois de plus se contenter de regarder les exploits de la Roja à la télé. Comble de l'ironie, 3 jours après son éviction, il sert sur un plateau Alvaro Negredo, avant que la nouvelle recrue de City ne marque contre la Corée du  Sud. En somme, Soldado offre les honneurs à celui qui lui a piqué sa place au sein du groupe.
 
Cette énorme blessure, Soldado parvient à la soigner à Valence. Mais le club au blason Bacardi doit encore et toujours se contenter d'être meilleur club derrière l'intouchable duo Barça-Real. Lors de son ultime année en Espagne, Soldado explose tous les compteurs, comme s'il voulait imprimer un dernière fois sa marque avant de dire adios à son pays. Il égratigne 34 fois les gardiens qui se frottent à lui, toujours avec la même aisance. C'est alors que des envies d'ailleurs le prennent. Coup de pot, Tottenham entre dans la danse. Les Londoniens ont déjà été éconduits deux fois durant le mercato d'été. A la recherche d'un n°9, les Spurs ont dû essuyer le refus d'Aston Villa de vendre Christian Benteke. Ensuite, c'est David Villa qui a préféré le Vicente Calderon du Atletico Madrid à White Hart Lane. Bref, Daniel Levy et sa bande doivent frapper un grand coup sur le marché des transferts. Question d'ego, mais également de football. Pour étoffer leur attaque, ils jettent leur dévolu sur Soldado. A l'issue d'âpres négociations, toutes les parties tombent d'accord: 12 millions d'euros cash, plus 6 millions d'euros par an lors des 3 prochaines années et le Valencien est à Londres. Soit 30 millions d'euros. Solide.




Un nouveau matador à Londres

Cette arrivée chez les Spurs ne va sans doute pas chambouler grand chose dans l'effectif d'Andre Villas-Boas. Adepte du 4-4-2, le Portugais voit d'un très bon œil l'apport de talent au sein de l'attaque. Au cours de la défunte Premier LeagueAVB n'avait qu'une certitude en attaque: Jermaine Defoe. Agé de 30 ans, l'Anglais a réalisé une saison convenable.  Mais à ses côtés, c'est le trou noir. Emmanuel Adebayor n'est nulle part et manque de motivation, tandis que Clint Dempsey n'a pas le niveau d'un club qui vise la Champion's League. Après avoir longuement prospecté, c'est donc Roberto Soldado qui s'installera aux côtés du trentenaire Defoe. 
 
Mais les deux joueurs ont sensiblement le même profil. Pas très grands, mais agiles et toujours bien placés. De véritables buteurs qui réussissent toujours à trouver la faille, quelle que soit la défense. Toutefois, on s'attendait plus à ce que Defoe soit flanqué d'un target man à la Benteke. Là, le Spur devra faire avec un gars à peine plus grand que lui. Mais après tout pourquoi pas ? Avec un tel talent, Soldado sera sans doute apte à relever le défi que lui offre la Premier League et à devenir le nouvel artificier espagnol à exploser les cages britanniques, après Torres et Michu. D'autant plus que son nouveau coach ne rechigne pas à passer à un système à 1 seul attaquant en cas de besoin. Encore faudra-t-il s'habituer au jeu anglais, très différent de celui pratiqué en Liga
 
Seul regret pour l'Ibère, il ne bénéficiera sans doute pas des lumineuses ouvertures de Gareth Bale, qui devrait s'envoler pour le Real Madrid. Qu'il se rassure, Nacer Chadli, fraîchement arrivé de Twente se fera un plaisir de le servir. De leur côté, les Merengues viennent d'éjecter Gonzalo Higuain, jugé trop court, à Naples et se posent pas mal de questions concernant Karim Benzema. Tiens, tiens...
 
Aurélie Herman

08:31 Écrit par tackle on web dans ANGLETERRE, ESPAGNE, PORTRAITS | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

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