Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

26/07/2013

Milivojevic, l'homme qui devra remplacer Biglia

luka-milivojevic-1343654102-152618.jpgAprès 7 saisons, Lucas Biglia a (finalement diront les mauvaises langues) quitté Anderlecht pour rejoindre un grand championnat. L'ancien capitaine portera désormais la liquette de la Lazio, laissant ainsi l'équipe de John Van den Brom orpheline de son régulateur. Pour le remplacer, la direction mauve a jeté son dévolu sur un joueur répondant phonétiquement au même prénom que Biglia. Mais l'orthographe change puisque c'est un Luka qui remplacera Lucas. De nationalité serbe, Luka Milivojevic est un inconnu du public belge. A-t-il la carrure pour remplacer l'ancien porteur du numéro 5 au Parc Astrid ? Présentation.


L'Islande était à l'honneur à Sclessin ce jeudi soir où les Rouches recevaient le KR Rejkjavik entrainé par l'ancien joueur de Lokeren, Runar Kristinsson. Victorieux à l'aller 1-3, le Standard s'est imposé sur le même score devant ses partisans. Malgré sa 37e place au ranking UEFA, entre le Kazakhstan et le Monténégro, l'île avait un deuxième représentant à pied d'oeuvre lors de ce 3e tour préliminaire de l'Europa League. Celui-ci n'aura pas fait mieux que le club de la capitale puisqu'il a aussi été éliminé. IBV, c'est son nom, n'a pourtant pas démérité puisqu'il a arraché un match nul (0-0) contre l'Etoile Rouge de Belgrade. Un joli résultat, cependant insuffisant après la défaite (2-0) au Marakana.

Le cadre de cette rencontre était pour le moins atypique en comparaison de celui qui accueillera la finale de la compétition. Un stade au nom aussi imprononcable que celui des volcans qui ont fait la réputation de Lille. L'Hásteinsvöllur est en effet perdu au milieu de tout. Deux petites tribunes assises sans toits ne faisant même pas la longueur du terrain avec en arrière-plan un énorme rocher. La dernière lettre de l'abréviation IBV  correspond à Vestmannaeyjar, la localité où est basée le club. Elle est située sur une île... au large de l'Islande. Difficile de faire plus insulaire comme cadre...

C'est dans ce décor balayé par les vents violents, que vers 22h15, Luka Milivojevic s'est présenté auprès du 4e arbitre. Celui-ci a brandi son panneau demandant au numéro 17, Filip Kasalica de bien vouloir quitter la pelouse. Filip, un prénom royal pour les citoyens résidant dans le nord de la Belgique. Sans doute un signe.

Il ne reste alors 4 minutes à jouer sans compter les arrêts de jeu et le moment est particulier pour Milivojevic puisque c'est sans doute la dernière fois qu'il est monté sur un terrain avec la liquette de l'Etoile Rouge de Belgrade floquée du numéro 19.

luka1.jpg

Faire mieux que Marecek et De Zeeuw

En effet, après le match, ce n'est pas en direction de Belgrade qu'il s'est envolé, mais pour Bruxelles où il est attendu du côté de Neerpede pour passer des tests médicaux. S'il réussit ceux-ci, il paraphera un contrat de 4 ans, devenant ainsi la deuxième recrue du mercato estival d'Anderlecht après l'Espagnol Fede Vico.

Une bonne nouvelle pour les supporters mauves qui désespéraient de ne pas voir de renforts arriver après les départs de cadres comme Milan Jovanovic, Behrang Safari, Dieumerci Mbokani et Lucas Biglia. C'est justement ce dernier que sera amené à remplacer Luka Milivojevic. Une tâche lourde pour ce jeune joueur serbe quand on connaît l'importance qu'avait l'Argentin dans le onze de base anderlechtois. Mais la direction mauve semble croire en sa nouvelle perle puisque le montant de la transaction devrait avoisiner les 3 millions d'euros.

Une somme relativement importante pour un joueur inconnu du public belge. Les dernières semaines, le nom de Jonathan Dos Santos, joueur du Barça, avait circulé avec insistance dans les couloirs du Parc Astrid. Mais malgré l'accord entre les deux clubs et la volonté du père du joueur de le voir rallier la Pro League, le Mexicain a préféré rester en Liga pour rejoindre les Basques de la Real Sociedad.

Mais un "nom" n'est pas toujours synonyme de rendement. Beaucoup d'observateurs et de supporters attendaient que Demy De Zeeuw reprenne la succession de Biglia. Mais le Néerlandais, malgré son passé d'international Oranje et de joueur de l'Ajax, n'a toujours pas convaincu. Plus qu'un successeur de l'Argentin, le Batave semble être un joueur du même profil que Sacha Kljestan. Le constat est identique pour Lukas Marecek qui avait été transféré lors de l'hiver 2010 avec pour objectif de remplacer Biglia à moyen terme. Mais le Tchèque n'a jamais convaincu au point d'être prêté à Heerenveen lors de la saison écoulée et sera vendu cet été. C'est pourquoi, après l'échec du transfert de Dos Santos, Anderlecht a activé son réseau serbe pour dénicher la perle rare.

mili.jpg

 

La Belgique, pas un rendez-vous en terre inconnue

Les mauves possèdent en effet un intermédiaire de choix en la personne de Nenad Jestrovic. L'ancien joueur a laissé pas mal de bons souvenirs au Parc Astrid où son sens du but a fait des ravages malgré plusieurs longues absences pour blessure. Devenu agent de joueur, Jestrogoal possède dans son portefeuille quelques joueurs serbes prometteurs et n'hésite pas à les convaincre qu'un passage par Anderlecht constituerait une étape idéale avant de faire le saut pour un club des 5 grands championnats (Espagne, Allemagne, Angleterre, Italie et France). Jestrovic conseille aussi à un autre de ses clients, Aleksandar Mitrovic, de tenter sa première expérience à l'étranger du côté de Bruxelles. L'agent "officiel" de Milivojevic connaît aussi très bien Anderlecht. Ranko Stojic y a en effet évolué une saison (1989-90) comme doublure de Filip De Wilde. Tout était donc en place pour voir l'espoirserbe débarquer au Parc Astrid. "En Serbie, on sait que votre compétition, sans être la meilleure du monde, est d’un bon niveau", surenchérit le journaliste Dejan Stankovic.

luka.jpg

Un garçon qui prend le temps

Luka Milivojevic connaît lui aussi la Belgique. Le 7 juin dernier, il a pu se frotter à nos Diables Rouges au stade Roi Baudouin. Pendant 70 minutes, il a montré des choses intéressantes face aux médians belges du soir, Axel Witsel, Marouane Fellaini et Nacer Chadli. Cette titularisation montre en tout cas tout le crédit que lui accorde le sélectionneur Sinisa Mihajlovic. Ce dernier avait fait appel pour la première fois au milieu de terrain en décembre 2012 à l'occasion d'un match amical contre le Chili. Milivojevic compte actuellement 3 sélections en équipe nationale.

Ce qui semble plaire au sélectionneur serbe, c'est la constance dans la progression du joueur. Luka Milivojevic ne semble pas du genre à se voir directement dans un grand club parce qu'il a joué deux bons matchs.

Né le 7 avril 1991, Milivojevic a fait toute sa carrière dans le championnat serbe. Formé au FK Radnicki, il rejoint à ses 17 ans le RAD Belgrade par lequel sont passés notamment Vladimir Jugovic (il jouera ensuite pour la Sampdoria, Juventus, la Lazio, l'Inter et l'Atlético Madrid) , Ljubinko Drulovic (bien connu du FC Porto et de Benfica) et Bojan Jorgacevic (qui ira ensuite à La Gantoise et au FC Bruges). C'est là qu'il effectue ses débuts pros lors de la saison 2008-2009. A l'époque, le club évoluait encore dans l'antichambre de l'élite. Le jeune milieu de terrain gagne ensuite progressivement ses galons de titulaire avant de devenir indiscutable lors de l'exercice 2010-2011. Il contribue aux bons résultats de son équipe qui décroche un ticket pour l'Europa League.

luka-milivojevic_520x320.jpg

Le désir de Prosinecki

La saison suivante, Milivojevic confirme tout le bien qu'on pensait de lui en se découvrant en plus des qualités de buteur. Il trouve en effet le chemin des filets à 3 reprises lors des 13 premiers matchs de la saison. Il découvre aussi la scène continentale et y dispute 4 matchs. Ses prestations séduisent Robert Prosinecki, l'entraineur de l'Etoile Rouge de Belgrade.

Cet ancien meneur de jeu s'est révélé au grand public en faisant partie de l'équipe de l'Etoile Rouge qui avait remporté la Ligue des Champions en 1991. Une génération fabuleuse qui a marqué à jamais l'histoire du pays et qui a ensuite monnayé son talent vers des clubs plus huppés du Vieux Continent alors que la guerre ravageait les Balkans. Prosinecki fait partie de ce cercle de joueurs qui a porté les vareuses des deux frères ennemis espagnols, le Real Madrid et le FC Barcelone. En fin de carrière, le Croate a aussi évolué du côté du Standard.

C'est donc lui qui insiste pour transférer Luka Milivojevic en janvier 2012 pour la somme de 600.000 euros. Ce transfert à l'Etoile Rouge était aussi un choix du coeur pour le joueur qui avait refusé des offres émanants de l'étranger.

Directement, le milieu défensif devient la pierre angulaire de l'équipe de Prosinecki et termine la saison avec 11 matchs et deux buts. Lors du dernier exercice, il continue sur sa lancée tant en championnat qu'en Coupe d'Europe au point d'être sélectionné pour la première fois en équipe nationale. Luka Milivojevic aiguise son sens du but puisqu'il plante 6 roses pendant les 25 matchs qu'il disputera en championnat.

luka-milivojevic-1343654102-152618.jpg

"Une sorte d'Özil"

Racé et puissant, le joueur se distingue par la qualité de son placement, sa vista, son jeu porté vers l'avant et la qualité de sa frappe. Au point que son agent le verrait bien évoluer au sein de la ligne médiane du Barça. "C’est évidemment exagéré", estime le journaliste serbe Dejan Stankovic qui n'a rien à voir avec le joueur serbe de l'Inter. "Cela montre néamoins son style de football. Je trouve qu’il a des airs d’Özil du Real Madrid mais en plus grand. Un gars qui veut toujours aller de l’avant. Il est capable de mettre pas mal de buts d’ailleurs, ne serait-ce que par sa grosse frappe lointaine." , explique le journaliste.

Un jeu porté vers l'avant, une bonne frappe. Voilà des qualités qui changent de celles de Biglia à qui l'on reprochait de jouer trop latéralement et de ne pas assez souvent cadrer ses frappes. Parmi les points communs entre les deux joueurs, on peut noter le manque de vitesse. Tout comme l'Argentin, Milivojevic n'est pas le plus rapide, ni le plus explosif, mais il compense ce manque par un placement irréprochable. Enfin, malgré ses 22 printemps, le Serbe fait preuve de qualités de meneur. "Il est malin. Sur le terrain mais aussi en dehors. C'est cela qui en a fait l’un des leaders de l’équipe", affirme Dejan Stankovic.

Malgré ce portrait flatteur, le nouveau venu devra néanmoins s'adapter à une nouvelle compétition. Un défi qui ne l'effraie pas puisqu'il s'est renseigné sur Anderlecht. "Je connais bien le club. Je suis au courant de tout. Je connais les joueurs et les entraîneurs. Anderlecht, c’est un club du top", affirme Luka Milivojevic.

Les supporters mauves ne demandent qu'à voir.

F.Chl.

12:04 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, JUPILER PRO LEAGUE, MERCATO, PORTRAITS, RSC ANDERLECHT | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.