Blogs DHNET.BE
DHNET.BE | Créer un Blog | Envoyer ce Blog à un ami | Avertir le modérateur

30/05/2013

Analyse : des certitudes plus que des incertitudes

Les Diables Rouges ont remporté leur quatrième confrontation (sur 5) contre les Etats-Unis. Pour leur première sur le sol américain, les nôtres ont même planté quatre roses dans le jardin de leur adversaire. Une belle démonstration de football offensif  qui rassure à 9 jours de l'important match contre la Serbie. Mais les Diables sont-ils vraiment prêts ou est-ce qu'il y a encore du travail malgré tout ? Qui est sorti du lot sur la pelouse de Cleveland ? Analyse.


Belga_201305300330_13060531.jpg.h600.jpg

Le stage américain des Diables Rouges a suscité une petite polémique à son annonce. Pourquoi donc traverser l'Atlantique avant un match de l'importance de celui contre la Serbie ? Risque de jet lag (compensé par des lunettes spéciales), risque de blessures ou risque de fatigue inutile après une (tès) longue saison pour certains ont été invoqués. Pourtant ce stage n'aura sans doute pas été inutile, même si son bienfondé ne pourra être évalué que le 7 juin prochain sur le coup de 22h30.

Si notre équipe nationale devait se qualifier pour la prochaine Coupe du monde, le groupe devra vivre quelques semaines ensemble au Brésil. Pour préparer ses ouailles à cela, le stage aux Etats-Unis n'aura pas été superflu. Marc Wilmots aura pu observer le comportement de chacun et se faire une idée sur la capacité de son groupe à vivre ensemble. Un élément qui ne sera pas négligeable lorsqu'il devra dévoiler la liste des 23 qui s'envoleront pour l'Amérique du Sud. Mais le sélectionneur belge a sans doute organisé ce stage en se rendant compte que tous les éléments de son noyau ne finiraient pas leurs championnats respectifs au même moment et que le rythme ne serait pas le même pour tous. Si Thibaut Courtois ou Daniel Van Buyten seront encore à pied d'oeuvre ce week-end avec l'Atlético et le Bayern, les joueurs du championnat anglais ou belge en ont fini avec leurs clubs depuis deux semaines. Il fallait donc bien occuper ces garçons pour éviter qu'ils ne fassent n'importe quoi pendant les quelques jours les séparant de la préparation spécifique au match contre la Serbie. Aucun joueur ne semble en tout cas regretter d'avoir fait le déplacement au pays de l'Oncle Sam.

De ce match qui sentait bon les vacances, on retiendra la belle application des Diables Rouges. Si tout ne fut pas parfait comme souvent dans ce type de rencontre, on notera que les réservistes qui devaient saisir leur chance en l'absence de certains titulaires l'ont fait. Marc Wilmots peut compter sur tout le monde et pratiquement personne n'est assuré de sa place. Et comme cette concurrence semble se dérouler dans une saine atmosphère, tout cela n'est que bénéfice.

Mignolet n'est pas né à la bonne époque, Vermaelen inquiète

Belga_201305300215_13058861.jpg.h600.jpgThibaut Courtois devant rester en Espagne pour disputer un dernier match de Liga, c'est Simon Mignolet qui a officié entre les perches à Cleveland. Une rencontre frutrante pour le dernier rempart de Sunderland qui repart avec deux buts au fond de ses filets alors qu'il n'a pas eu beaucoup de boulot à effectuer. Sur le premier, il est victime des deux duels perdus par Kompany et Vertonghen et sur le second, il part du bon côté mais ne peut détourner le pénalty tiré dans le petit filet par Clint Dempsey. Pour le reste, Mignolet s'est montré autoritaire et rassurant sur les quelques sorties qu'il a du effectuer. Mais cela n'est évidemment pas suffisant pour déloger Courtois entre les perches. Ce dernier reste sur quatre matchs sans prendre de buts (Serbie, Ecosse, Macédoine par deux fois) alors que l'ancien Trudonnaire en a pris quatre lors des deux matchs amicaux qu'il a disputés (Roumanie et Etats-Unis). En fait, Simon Mignolet est juste né à la mauvaise époque. Beaucoup d'équipes nationales rêveraient d'avoir un gardien de ce talent dans leurs cages, mais voilà, il est tombé sur un véritable phénomène en la personne de Thibaut Courtois. Courage Simon !

Le nom de Thomas Vermaelen était évidemment sur toutes les lèvres après la rencontre. Relégué sur le banc d'Arsenal, le défenseur central devait rassurer Marc Wilmots à quelques jours du match contre la Serbie, mais ce ne fut pas le cas. Il a été contraint de quitter la pelouse après seulement une demi-heure en raison d'une douleur musculaire à la cuisse. En attendant les résultats du scanner, le nom de Vermaelen est désormais entouré d'un point d'interrogation. Si il est fit, sa titularisation contre les Serbes ne doit pas être remise en question. Les qualités de Vermaelen, tout le monde les connaît et ce n'est pas en quelques matchs sur le banc des Gunners qu'il les aura perdues. En plus sa complémentarité avec Vincent Kompany est évidente. Il serait donc sot de chambouler une charnière centrale qui a donné satisfaction jusque maintenant. Mais...

Si Verminator devait finalement déclarer forfait qui pourrait prendre la relève ? Jan Vertonghen comme ce jeudi ? C'est une possibilité, mais si Marc Wilmots a choisi cette option, c'est parce qu'il manquait d'alternatives à ce poste vu les absences de Lombaerts et Van Buyten. On imagine mal Willie remanier trop sa défense et replacer Vertonghen dans l'axe alors qu'il vient de faire son trou sur le côté gauche. N'en déplaise à Sébastien Pocognoli, auteur d'une bonne montée au jeu. Si le joueur de Tottenham avait souffert contre son adversaire direct serbe à Belgrade, il possède plus d'expérience que Poco, ce qui n'est pas négligeable. On peut donc penser que Wilmots optera alors pour un Nicolas Lombaerts plutôt qu'un Daniel Van Buyten car le joueur du Zénit présente la caractéristique d'être gaucher et que Wilmots a toujours priviliégé une charnière centrale composé d'un droitier et d'un gaucher.

Pour le reste, on soulignera la maturité de la prestation défensive de nos Diables. Ils n'ont pas laissé beaucoup d'occasion à leurs adversaires, mais il faudra cependant éviter d'encaisser un goal comme celui qui a permis à Cameron d'égaliser. Perdre deux duels de la tête sur une phase arrêtée n'est pas le genre d'erreur à répéter deux fois de suite. 

Pour le poste de back droit, Marc Wilmots avait finalement opté pour Toby Alderweireld alors qu'on attendait Guillaume Gillet. La prestation du joueur de l'Ajax a sans doute conforté le sélectionneur dans son choix. Toby a fait le boulot sans éclats, mais l'a bien fait. Au contraire de l'Anderlechtois qui est monté au jeu de façon hésitante et a accumulé les petites approximations.

Fellaini impeccable, Dembélé malade

130529222242-usa-belgium-friendly-052913-single-image-cut.jpgDans l'entrejeu, tout le monde attendait avec impatience la prestation de Marouane Fellaini. En l'absence d'Axel Witsel, le Toffee pouvait être aligné au poste de numéro 6. Il a confirmé que c'est dans ce rôle qu'il pouvait le mieux exprimer ses qualités. Il a récupéré pas mal de ballons et s'est montré impérial dans les airs en claquant notamment le 3e but des nôtres sur un centre parfait de De Bruyne. Néanmoins, Big Mo n'a pas les mêmes qualités que Witsel en matière d'organisation du jeu. Sa qualité de relance et sa vista sont aussi moins bonnes que celle du joueur du Zénit. Dans une équipe qui aime jouer au ballon comme la nôtre, les qualités de Witsel sont plus intéressantes. Mais Fellaini a montré qu'on pouvait aussi compter sur lui et que son registe sera fort utile aux Diables dans les matchs où il faudra quelqu'un pour aller au charbon. Mais une chose est sûre. Si Felly et Witsel doivent être alignés de concert, le premier ne pourra l'être qu'en pur numéro 6 et pas en faux 10 comme lors du déplacement en Macédoine. Si le milieu du Zénit possède cette capacité à pouvoir occuper plusieurs rôles au sein de la ligne médiane, c'est moins évident dans le chef du joueur d'Everton.

Aux côtés de Fellaini, Moussa Dembélé est passé à côté de son sujet. Le joueur de Tottenham n'a rien apporté et est sorti cinq minutes avant la pause. Wilmots a dit qu'il était malade et que sa participation contre la Serbie ne serait pas remise en cause. Steven Defour n'a quant à lui pas totalement convaincu. Il n'a jamais osé prendre des initiatives et s'est contenté de jouer beaucoup de ballons latéralement sans prendre de risques. En deuxième mi-temps, il a cependant délivré un caviar pour Benteke, histoire de quitter la pelouse sur une impression positive. Mais pour l'instant, l'ancien capitaine des Rouches n'est pas en mesure de revendiquer une place de titulaire dans le onze "diabolique" et ne semble pas capable de reprendre le rôle laissé vacant par Joao Moutinho à Porto. Et dire que Willie continue de snober un Radja Nainggolan qui n'est pourtant pas inférieur à Defour.

Notons enfin la 93e apparition de Timmy Simons sous la vareuse nationale. Le flandrien qui a écopé d'un bristol jaune après quelques minutes est désormais à trois longueurs du record de Jan Caje Ceulemans.

De Bruyne, le patron

Belga_201305300205_13058442.jpg.h170.jpgEn l'absence d'Eden Hazard, Marc Wilmots avait choisi d'aligner Kevin De Bruyne comme ailier gauche. Un poste auquel le rouquin avait fait des ravages lors de son éclosion à Genk. Le joueur de Chelsea (avant de rejoindre Dortmund ou Leverkusen cet été ?) a une nouvelle fois montré qu'il était l'un des joueurs les plus importants du noyau. Il peut en effet évoluer aussi bien sur les flancs que dans l'axe où sa vista et la qualité de ses centres fait souvent mouche. Depuis le déplacement en Serbie, De Bruyne s'est érigé comme l'un des patrons de l'entrejeu belge et beaucoup de ballons transitent désormais par ses pieds. Il est à la base du but d'ouverture de Mirallas et a été passeur décisif sur le premier goal de Benteke et celui de Fellaini. Une prestation complète toujours marquée par cette condition de marathonien. KDB, pourrait être sponsorisé par Duracell

Sur l'autre flanc, Kevin Mirallas a confirmé sa belle saison à Everton. Percutant, le Liégeois a ouvert le score d'un lob magistral avant de réussir quelques autres belles actions individuelles. En revanche, il peut améliorer son travail défensif qui se réduit souvent au strict minimum, laissant ainsi son arrière latéral démuni en perte de balle. On ne lui demande pas d'en faire autant que De Bruyne, mais déjà de faire comme un Eden Hazard qui a pas mal progressé dans ce secteur du jeu. On aurait aussi aimé voir Maxime Lestienne jouer au moins 5 minutes à sa place. Mais des trois jeunes invités à cette tournée américaine, seul Thorgan Hazard a eu droit à du temps de jeu. Ils sont désormais deux dans la famille à avoir enfilé la liquette des Diables Rouges. En attendant Kylian dans quelques années ?

Lukaku - Benteke, ça peut marcher

media_xll_5865755.jpgEn pointe, on attendait beaucoup de Romelu Lukaku et on ne fut pas déçu. Le joueur de West Bromwich a marqué des points, mais n'a pas marqué (Il aurait pu le faire sans ce but annulé pour un hors-jeu inexistant). Tout le contraire d'un Christian Benteke qui a fait preuve d'une efficacité incroyable après sa montée au jeu. C'était d'ailleurs la première fois que les deux lascars étaient alignés de concert dans le onze national. Rom' était aligné plus devant pour rechercher la profondeur alors que l'attaquant d'Aston Villa, plus en retrait, a pu toucher plus de ballons. Au final, leur association s'est révélée intéressante puisque les nôtres ont enquillé trois buts pendant cette période. On imagine cependant mal que Marc Wilmots renonce à son fétiche 4-3-3 pour passer à un système à deux attaquants. Néanmoins, le sélectionneur a pu voir qu'il avait d'autres cordes à son arc tactique et que ses hommes étaient capables d'évoluer dans un même match dans deux schémas différents.

On soulignera aussi les nets progrès de Lukaku dans le jeu court. L'attaquant de 20 ans a reçu pas mal de ballons dans ses pieds et s'est montré capable de combiner avec ses partenaires, ce qui était parfois son défaut. Fini les contrôles approximatifs à cinq mètres, l'ancien anderlechtois étoffe son registre en conservant ses qualités dans le jeu en profondeur. Benteke, maladroit contre les Macédoniens, s'est racheté contre les Américains. Il est désormais capable d'avoir cette efficacité redoutable dont on ne le croyait pas encore capable il y a douze mois de cela.

Au final, les Belges repartent de Cleveland avec beaucoup de confiance. Ce qui est toujours l'idéal avant d'aborder un match aussi important que celui contre les Serbes. Marc Wilmots a pu voir qu'il pouvait compter sur des solutions de rechange intéressantes en cas de défection de l'un ou de l'autre de ses joueurs. Et surtout, il sait  qu'il peut compter un groupe qui tire dans la même direction. Des enseignements positifs, mais qui ne le seront vraiment qu'en cas de victoire le 7 juin prochain et de qualification pour le Brésil.

F.Chl.

12:17 Écrit par tackle on web dans ANALYSE, Diables Rouges, International | Lien permanent | Commentaires (0) |  Imprimer | | | | Pin it! | |  Facebook

Les commentaires sont fermés.